Brésil: le Sénat s'oppose au décret Bolsonaro libéralisant la vente d'armes

Brésil: le Sénat s'oppose au décret Bolsonaro libéralisant la vente d'armes
Un homme essaie une arme lors d'une foire internationale "défense et sécurité" à Rio de Janeiro, le 2 avril 2019 au Brésil

AFP, publié le mercredi 19 juin 2019 à 11h25

Le Sénat du Brésil s'est opposé mardi au décret pris par le président Jair Bolsonaro en mai qui libéralisait la vente d'armes, une de ses promesses emblématiques de campagne.

Le Sénat a approuvé (par 47 voix contre 28) la requête d'une de ses propres commissions, qui avait demandé la suspension du décret présidentiel. Le dernier mot reviendra désormais à l'Assemblée nationale.

M. Bolsonaro avait auparavant fait pression sur les sénateurs en leur demandant de "ne pas laisser mourir" son décret. Lors d'un acte officiel, il avait défendu sa politique consistant à faciliter l'octroi d'armes afin de lutter contre la violence.

Son décret avait suscité les critiques de parlementaires, experts et divers secteurs de la société, considérant qu'il allait augmenter la violence, qui a généré 65.602 assassinats en 2017, selon des chiffres officiels. Cela revient à 31,6 homicides pour 100.000 habitants, soit le triple du niveau considéré par l'ONU comme de la violence endémique.

Le décret autorisait le port d'armes dans la vie publique pour les politiciens, les agriculteurs, les chauffeurs routiers, les chasseurs et ceux qui pratiquent le tir sportif, entre autres. Il portait de 50 à 5.000 le nombre de munitions qu'un propriétaire d'armes pouvait acheter par an, en fonction du calibre.

Malgré une intense campagne ces derniers jours sur les réseaux sociaux, M. Bolsonaro a dit mardi qu'il accepterait une défaite devant le corps législatif. "Je ne peux rien faire. Je ne suis pas un dictateur, je suis un démocrate", a-t-il dit à des journalistes.

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