Brésil: Haddad craint que Rio ne devienne "comme les Philippines"

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Le candidat de la gauche à l'élection présidentielle au Brésil, Fernando Haddad, le 19 octobre 2018 à Rio de Janeiro
Le candidat de la gauche à l'élection présidentielle au Brésil, Fernando Haddad, le 19 octobre 2018 à Rio de Janeiro
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© AFP, Mauro Pimentel

AFP, publié le samedi 20 octobre 2018 à 01h49

Fernando Haddad, le candidat de gauche à l'élection présidentielle au Brésil, a dit craindre vendredi que l'Etat de Rio de Janeiro ne se transforme en un "Etat milicien comme les Philippines" en cas de victoire de son adversaire d'extrême droite, Jair Bolsonaro.

M. Bolsonaro, favori du second tour le 28 octobre, s'est dit pendant la campagne partisan d'une libéralisation du port d'arme pour lutter contre l'insécurité. 

"Ce dont on a besoin ici, c'est que la police fédérale agisse contre le crime organisé. Si on arme la population, cela va se transformer en un Etat milicien, comme cela s'est produit aux Philippines ou dans d'autres endroits", a déclaré Fernando Haddad devant des journalistes pendant une visite de la ville. 

Rio de Janeiro est confrontée depuis une vingtaine d'années au phénomène des milices, des groupes formés d'agents ou d'ex-agents de sécurité qui font régner leur loi dans les favelas. 

Ces escadrons, qui affrontent les trafiquants de drogue pour le contrôle de ces quartiers, sont accusés d'être impliqués dans des affaires d'extorsion de fonds et sont parvenus à contrôler des services tels que la fourniture de gaz, l'internet, la télévision par câble ou les réseaux de transport locaux.

Ces débordements de violence ont forcé en février le gouvernement fédéral à confier à l'armée le commandement des forces de sécurité de l'Etat de Rio de Janeiro, le deuxième plus riche du pays. 

Selon l'ONG Forum de sécurité publique, le Brésil a enregistré l'année dernière 63.800 homicides, soit 30,8 pour 100.000 habitants. A Rio, cette moyenne atteint 40,1 homicides pour 100.000 habitants.

Le candidat du Parti des Travailleurs (PT) a également critiqué la proposition de son adversaire de protéger juridiquement les policiers impliqués dans des bavures dans le cadre de la lutte contre la criminalité. 

"Si on n'embauche pas des policiers, si on arme la population et si on rabote les droits sociaux, cela va faire empirer la situation. Et vous savez ce que ça donne? Cela devient un Etat milicien", a-t-il insisté.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2016, le président philippin Rodrigo Duterte mène une guerre controversée contre les trafiquants de drogue. 

La police de ce pays affirme avoir tué plus de 4.400 trafiquants et toxicomanes présumés depuis 2016. Des ONG évoquent un chiffre trois fois plus élevé et dénoncent de nombreux assassinats dans des circonstances troubles.

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