Bras de fer social en Allemagne sur la semaine de 28 heures

Bras de fer social en Allemagne sur la semaine de 28 heures

Logo du puissant syndicat allemand de la métallurgie IG Metall, lors d'une manifestation le 11 avril 2016 à Berlin

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AFP, publié le lundi 08 janvier 2018 à 05h42

Le puissant syndicat allemand de la métallurgie IG Metall donne lundi le coup d'envoi d'un bras de fer social qui s'annonce comme l'un des plus durs de ces dernières années en Allemagne. 

Plusieurs dizaines de débrayages sont prévus dans tout le pays, en particulier dans le secteur automobile, pour soutenir des revendications portant notamment sur la réduction du temps de travail à 28 heures hebdomadaires. 

Conformément à une stratégie bien huilée de montée progressive de la pression, les arrêts de travail affecteront des entreprises bien choisies, dans l'ouest en Rhénanie du Nord-Westphalie (avec 700.000 grévistes annoncés), dans le sud avec le Bade-Wurtemberg et dans l'est avec les régions du Brandebourg, de Saxe et Berlin. 

Le mouvement va durer au moins une semaine. De premières grèves d'avertissement, très localisées, ont déjà été organisées la semaine dernière, notamment chez Porsche.

Depuis octobre, le syndicat exige pour les 3,9 millions d'employés du secteur une augmentation salariale de 6%. La fédération patronale Gesamtmetall propose 2%. Rien d'inhabituel. En général, les parties se retrouvent à mi-chemin.

- Semaine de 28 heures -

Mais le conflit porte surtout cette fois sur un aménagement inédit du temps de travail demandé par IG Metall: le passage de la semaine de travail de 35 à 28 heures pour ceux qui le souhaitent, avec compensation partielle du manque à gagner salarial par l'employeur.

La formule serait valable deux ans au maximum et l'employeur devrait garantir un retour à un poste à plein temps. 

Le patronat du secteur la juge inadmissible et impraticable. Il estime que près des deux tiers des salariés seraient éligibles à cet aménagement du temps de travail et redoute un casse-tête administratif et des ateliers dépeuplés. 

Les employeurs soulignent également le risque de discrimination en cas de mise en place de ce régime pour les employés travaillant déjà à temps partiel pour un salaire réduit d'autant. 

Cette question a déjà fait achopper des négociations de branche à l'automne. Si l'impasse se confirme, l'étape suivante pourrait être la grève dure, une rareté dans ce pays pétri de culture de la cogestion. 

Sans avancée du patronat, il sera "extrêmement difficile de mener cette négociation salariale à bien en se bornant à des grèves d'avertissement", a prévenu ce week-end un responsable d'IG Metall, Roman Zitzelsberger.

Les débrayages accompagnent traditionnellement les négociations salariales en Allemagne. En revanche, IG Metall n'a pas organisé de grève nationale et illimitée depuis 2003.

Gesamtmetall menace, lui, de porter l'affaire devant les tribunaux. Le ton est déjà très âpre entre partenaires sociaux, dans un pays qui s'était habitué ces dernières années à des négociations sociales plutôt apaisées dans un contexte de bonne santé de l'économie. 

- Economie florissante -

La menace d'un conflit à durée indéterminée dans des industries florissantes et clés pour l'Allemagne, comme l'automobile ou les machines-outils, inquiète les patrons du secteur.

"Les grèves ne sont généralement pas un moyen approprié pour résoudre les conflits salariaux, elles nuisent à l'exportation, donc à l'entreprise et in fine aux employés", a prévenu Bertram Brossardt, le dirigeant du patronat bavarois de la métallurgie et de l'industrie électrique. 

IG Metall arrive à la table des négociations en position de force, porté par une conjoncture au beau fixe. Tous les fondamentaux de l'économie allemande, emploi, exportations, inflation, sont dans le vert. 

Après avoir exigé pendant des décennies la redistribution des fruits de la croissance, IG Metall apporte cette fois une revendication neuve dans le paysage syndical mondial. 

Avec près de 2,3 millions d'adhérents, IG Metall, qui défend les salariés toutes catégories confondues dans l'industrie (Siemens, ThyssenKrupp), la sidérurgie, l'automobile (VW, Daimler, Porsche), l'électronique ou encore le textile, est le plus gros syndicat d'Europe.

 
15 commentaires - Bras de fer social en Allemagne sur la semaine de 28 heures
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    francis_08  (privé) -

    je crois que 20h par semaine serait l'idéal, il faut absolument partager le travail et le chômage sera éradiqué

    pas pour tous mais pour ce qui le veulent
    juste pour info le travail partiel existe chez nous , ce n'est pas pour autant qu'il est généralisé

    nous avons moins d'emplois partiels en france que en allemagne

    L'expérience ne vous a pas suffit avec les 35 heures payées 39 ,quî ont renchéri le coût du travail et le prix des produits fabriqué les rendant plus chers que les Allemands .
    Depuis les 35 heures ,payées 39 des entreprises ont fait faillite et le chômage a augmenté .

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    jimmy71  (privé) -

    "(35 heures payés 39) C'est faux" ! Le travail est mieux rémunéré en Allemagne qu'en France, c'est essentiellement pour cette raison qu'il y a tant d'emplois vacants en France !

  • Où sont-ils les anti-35h,français,Les allemands comprennent que se sont les ouvriers qui font les richesses et qu'ils serait temps qu'ils en profitent.le preuve est faites qu'on peut travailler moins pour gagner autant qu'en travaillant plus.Les hommes ne sont pas des robots et doivent profiter de leur vie en faisant autre chose que travailler dur pour quelques gros patrons qui accumulent des richesses extravagantes.

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    jimmy71  (privé) -

    C'est surtout les mensonges que l'on nous assène à longueur de journée sur le travail en Allemagne !!! Ces mensonges sont bien souvent le fait de personnes qui vivent du travail des autres et d'un système qui est tout à leur avantage..... Tant que l'on ne changera pas ça, la France ne changera pas !
    Si notre société avait évoluée, nos anciens souffriraient beaucoup moins au travail et tout le monde pourrait travailler.... Mais pour cela il faut que la société évolue et la monarchie aussi ? !!!

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    jimmy71  (privé) -

    Arrêtez LEON76 de raconter n'importe quoi et aller voir dans nos entreprises ce qui s'y passe, on voit toujours la paille dans l’œil du voisin mais pas celle qui vous crève les yeux ? !! Travaillant dans l'industrie, je pourrais vous parler de l'Allemagne, mais je lis tellement de choses fausses et incohérentes qu'il me semble inutile d'en rajouter !!!
    Savez-vous par exemple qu'en France certains ont des cdi de 10 / hebdo. donc 4 cdi pour pouvoir vivre de leur salaire ce qui représente avec tous les déplacements, entre 60 et 70 heures / semaine et parfois davantage..... ! Alors regardez d’abord ce qui se passe en France et ensuite vous pourrez comparer !

    Ours 65 : marre de la langue de bois du syndicaliste cégétiste communisant .

  • un bon syndicat
    en France on n a aucune union . leur dirigeant pense plus a leur carriere qu a defendre les ouvriers
    c est pour ça qu il n y a pas beaucoup de syndiqués
    macron a compris
    un seul syndicat fort changerait les choses
    au lieu de raler on devrait etre unis et non chacun pour soi

  • on nous ment ! les allemands seraient donc moins travailleurs que nous !

    La régle générale en Allemagne c'est 39 heures payées 39 avec des exceptions pour l'automobile .

  • On nous " gonfle " depuis des décennies en nous vantant le bien être des allemands qu'ils sont heureux de travailler ( pour des nèfles ) apparemment cela bouge . Alors économistes de mes fesses , politiques de l'inutile et archaïque MEDEF revoyez vos copies

    les français l'ont toujours cru vu que seuls les riches avec leurs grosses berlines venaient en vacance chez nous
    tout comme les suisses, meme si c'est le plein emploi ceux au salaire minimum tirent le diable par la queue

    Il existe bien une culture allemande de la fierté de travailler et de bien le faire .
    En France ,c'est la culture des congés payés et de gagner plus en travaillant moins - dixit la CGT .

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