Boris Johnson dérape encore et compare les femmes en burqa à des "boîtes aux lettres"

Boris Johnson dérape encore et compare les femmes en burqa à des "boîtes aux lettres"
Boris Johnson, à Buenos Aires, en mai 2018

, publié le mardi 07 août 2018 à 21h30

L'ancien ministre de Theresa May et maire de Londres est sommé de s'excuser par le président du parti conservateur.

Boris Johnson a de nouveau provoqué une vive polémique, cette fois à l'occasion d'une interview accordée au Daily Telegraph et publiée lundi 6 août. Dans cette tribune, l'ancien ministre, connu pour ses déclarations parfois provocantes, a plaidé contre l'interdiction du voile intégral dans l'espace public tout en qualifiant la burqa de "ridicule" et "bizarre".

Il a comparé les femmes qui portent ce voile intégral dissimulant les yeux derrière un tissu à mailles, à des "boîtes aux lettres" ou à des "braqueurs de banque".

Suite à cette prise de position, le président du Parti conservateur, Brandon Lewis, lui a demandé de s'excuser pour ses propos.


Une "sortie calculée" pour draguer l'extrême-droite

Le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Alistair Burt, a quant à lui qualifié d'"offensants" les propos de l'ancien ministre. Pour Sayeeda Warsi, ancienne vice-présidente du Parti conservateur, l'ex-ministre a agi de manière calculée pour s'attirer le soutien de la droite du parti.



"Ce sont des commentaires insultants mais une stratégie intelligente", a-t-elle déclaré, et, selon elle, Boris Johnson mesure "l'effet" et "l'impact" que peuvent avoir ses propos. Pour Sayeeda Warsi, "c'est littéralement le style bigot de Bannon (ancien conseiller du président américain Donald Trump, ndlr) et les tactiques de Trump qui font leur chemin dans la politique britannique".

Le Conseil musulman du Royaume-Uni (MCB) a estimé qu'"en choisissant intentionnellement ces mots dans un journal national", Boris Johnson "lèchait les bottes de l'extrême-droite". Des excuses sont le "minimum" mais le parti conservateur oit aussi s'interroger sur l'islamophobie en son sein, estime le Conseil.

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