Birmanie: la junte contraint au silence l'avocat d'Aung San Suu Kyi

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Khin Maung Zaw, l'avocat d'Aung San Suu Kyi, s'adresse aux médias à son domicile, le 24 mai 2021 à Naypyidaw, en Birmanie
Khin Maung Zaw, l'avocat d'Aung San Suu Kyi, s'adresse aux médias à son domicile, le 24 mai 2021 à Naypyidaw, en Birmanie
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© AFP, STR

publié le vendredi 15 octobre 2021 à 09h17

Le principal avocat d'Aung San Suu Kyi n'a plus le droit de parler aux médias, aux diplomates étrangers et aux organisations internationales, a-t-il annoncé vendredi sur les réseaux sociaux. 

Le régime militaire, au pouvoir depuis le coup d'Etat du 1er février contre Aung San Suu Kyi, a publié une ordonnance en ce sens que l'avocat a relayé sur sa page Facebook.

"À compter du 14 octobre, il est interdit à Khin Maung Zaw de communiquer, de rencontrer et de parler aux médias étrangers et locaux, aux diplomates étrangers, aux organisations internationales, aux représentants de gouvernements étrangers ou à toute autre organisation extérieure, directement ou indirectement", d'après ce texte.

Ces communications peuvent "provoquer des troubles publics", est-il ajouté.

Mardi, lors de son dernier contact avec les médias, Khin Maung Zaw avait relayé le témoignage devant le tribunal de l'ex-président de la République Win Myint, jugé depuis juin aux côtés d'Aung San Suu Kyi. 

Win Myint avait raconté à la barre avoir dit aux officiers venus l'arrêter le 1er février préférer mourir plutôt que de démissionner.

L'équipe de défense d'Aung San Suu Kyi était l'unique source d'information sur le procès qui se tient à huis-clos.

Suu Kyi, 76 ans, est poursuivie pour une série d'infractions - importation illégale de talkies-walkies, violation des restrictions liées au Covid-19, sédition, corruption, incitation aux troubles publics...

Assignée à résidence et maintenue dans un isolement total, elle ne pouvait jusqu'à présent communiquer avec le monde extérieur que par l'intermédiaire de ses avocats, qu'elle ne rencontre qu'au tribunal.

Elle est appelée à témoigner pour la première fois le 26 octobre et risque des dizaines d'années de prison si elle est reconnue coupable.

Le putsch a mis fin à une brève parenthèse démocratique d'une décennie dans le pays. 


Depuis, l'armée mène une répression sanglante avec près de 1.200 civils tués et plus de 7.000 en détention, selon une ONG locale, l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP), qui rapporte des cas de tortures, de viols et d'exécutions extra-judiciaires.

Les affrontements entre la junte et ses opposants - des factions ethniques rebelles et des milices citoyennes - sont légion et le pays a sombré dans le chaos.

Les généraux ont justifié leur passage en force allégeant des fraudes aux élections de 2020 remportées massivement par le parti d'Aung San Suu Kyi.

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