Birmanie: "journée des forces armées", démonstration de force des militaires

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Photo diffusée par une source anonyme via Facebook le 26 mars 2021 de manifestants brandissant des drapeaux de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), à Rangoun
Photo diffusée par une source anonyme via Facebook le 26 mars 2021 de manifestants brandissant des drapeaux de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), à Rangoun
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© AFP, Handout, FACEBOOK

, publié le samedi 27 mars 2021 à 03h43

L'armée birmane se livre samedi à une démonstration de force à l'occasion de la "journée des forces armées", alors qu'elle s'efforce de réprimer les manifestations généralisées contre son règne des semaines après sa prise du pouvoir. 

La Birmanie est traversée par une grave crise depuis que la cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi a été évincée du pouvoir par un coup d'Etat militaire le 1er février.

Les militants anti-coup d'Etat ont appelé à une nouvelle série de manifestations samedi, jour où l'armée organise un gigantesque défilé de soldats et de matériel militaire dans la capitale Naypyidaw, devant le chef de l'armée désormais chef de la junte au pouvoir, le général Min Aung Hlaing.

Beaucoup craignent que la date, qui commémore le début de la résistance de l'armée birmane à l'occupation japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale, s'accompagne de troubles.

Ei Thinzar Maung, l'une des figures des manifestations anti-coup d'Etat, a exhorté la population à sortir dans la rue samedi.

"Le moment est venu de lutter contre l'oppression militaire", a-t-elle écrit sur Facebook. 

Les forces de sécurité ont réprimé avec une force de plus en plus meurtrière les manifestations contre le coup d'Etat ces dernières semaines, utilisant des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des balles réelles pour interrompre les rassemblements. 

Selon un groupe de défense de prisonniers politiques, 320 personnes ont trouvé la mort dans les troubles depuis le putsch, et plus de 3.000 ont été arrêtées. 

Vendredi, la tristement célèbre prison d'Insein à Rangoun a libéré 322 personnes détenues à la suite de manifestations, ce qui s'ajoute aux plus de 600 libérées plus tôt dans la semaine. 

Le mouvement de protestation a également inclus des grèves générales et un mouvement de désobéissance civile de la part de fonctionnaires, qui ont entravé le bon fonctionnement de l'Etat.

Cela a exaspéré les autorités, qui ont procédé à des arrestations nocturnes de personnes soupçonnées de soutenir le mouvement.

- Nomination au Nobel de la paix -

La brutalité de la répression a entraîné sur la scène internationale une série de condamnations et de sanctions touchant les avoirs de nombreux militaires puissants, dont leur chef.

Jeudi, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne - l'ancienne puissance coloniale - ont imposé des sanctions à un conglomérat appartenant à l'armée birmane. 

Jusqu'à présent, la pression diplomatique a eu peu d'impact et Washington et Londres espèrent que toucher les intérêts financiers de l'armée finira par payer. 

Les forces armées dominent de nombreux secteurs clés de l'économie birmane, notamment le commerce, les ressources naturelles, l'alcool, les cigarettes et les biens de consommation. 

L'armée a défendu sa prise de pouvoir par des allégations de fraude électorale lors des élections générales de novembre remportées haut la main par la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) d'Aung San Suu Kyi.

Le mouvement de désobéissance civile a reçu un soutien inattendu vendredi venu d'un groupe d'universitaires norvégiens qui l'a nominé pour le prix Nobel de la paix.

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