Birmanie: des milliers de partisans d'Aung San Suu Kyi rassemblés avant les audiences à La Haye

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Des portraits d'Aung San Suu Kyi sont brandis lors d'un rassemblement de soutien à la dirigeante birmane, le 7 décembre 2019 à Naypyidaw
Des portraits d'Aung San Suu Kyi sont brandis lors d'un rassemblement de soutien à la dirigeante birmane, le 7 décembre 2019 à Naypyidaw
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© AFP, Thet Aung

, publié le samedi 07 décembre 2019 à 15h41

Plusieurs milliers de partisans d'Aung San Suu Kyi ont participé samedi à un rassemblement de soutien dans la capitale birmane Naypyidaw, la veille de son départ pour La Haye où elle défendra la Birmanie, accusée d'actes de génocide à l'encontre des Rohingyas, devant la plus haute juridiction de l'ONU.

Ce rassemblement a eu lieu au moment où le ministre chinois des Affaires étrangères est arrivé en Birmanie à l'invitation de Mme Suu Kyi, chef de facto du gouvernement birman.

Selon les analystes, le droit de veto que confère à la Chine son statut de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU en fait un allié de poids pour la Birmanie, confrontée à une pression juridique croissante sur le sort de la minorité musulmane des Rohingyas.

Aung San Suu Kyi se rendra à La Haye pour défendre son pays devant la Cour internationale de justice (CIJ). La Gambie, mandatée par les 57 États membres de l'Organisation de la coopération islamique, a entamé une action judiciaire contre la Birmanie pour "actes de génocide" devant la CIJ. Les audiences sont prévues du 10 au 12 décembre.

La réputation internationale de Mme Suu Kyi, ancienne icône de la démocratie, a été entachée par les persécutions subies par les Rohingyas, mais en Birmanie, elle bénéficie d'un soutien important parmi la population dont la majorité considère les musulmans rohingyas comme des immigrants illégaux.

"Nous sommes fiers qu'elle assume ses responsabilités (...) en se rendant à La Haye pour défendre l'image de la nation", a clamé au micro l'écrivain Htin Lin Oo, un auteur renommé, face à un panneau avec l'inscription "Nous sommes aux côtés de notre dirigeante".

"Notre sang nous unit quand c'est important", a-t-il asséné devant la foule déchaînée.

Win Swe, un habitant de Naypyidaw, portant un T-shirt avec l'effigie de Mme Suu Kyi, a déclaré à l'AFP qu'il la soutiendrait "dans tout ce qu'elle fait".

"Ils n'accusent pas seulement une personne en Birmanie, ils accusent tout le pays", a-t-il affirmé.

En août 2017, plus de 740.000 musulmans rohingyas ont fui la Birmanie, majoritairement bouddhiste, après une offensive de l'armée en représailles d'attaques de postes-frontières par des rebelles rohingyas. 

Persécutés par les forces armées birmanes et des milices bouddhistes, ils se sont réfugiés dans d'immenses campements de fortune au Bangladesh.

Les autorités birmanes assurent qu'elles ont mis en place leurs propres comités d'enquête chargés de mener des investigations sur d'éventuelles exactions, mais les organisations des droits de l'homme accusent ces comités de blanchir les auteurs d'atrocités.

L'armée affirme que ses opérations étaient justifiées pour débusquer des militants rohingyas. 

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