Sexisme et politique étrangère animent le dernier débat démocrate avant les primaires

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Joe Biden (G) et Bernie Sanders (D), le 14 janvier 2020 à Des Moines (Iowa), sur le plateau du dernier débat avant le premier vote des primaires
Joe Biden (G) et Bernie Sanders (D), le 14 janvier 2020 à Des Moines (Iowa), sur le plateau du dernier débat avant le premier vote des primaires
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© AFP, Robyn Beck

, publié le mercredi 15 janvier 2020 à 06h45

Le vent en poupe, Bernie Sanders a taclé mardi soir le favori Joe Biden sur son bilan en politique étrangère tout en tentant de repousser des accusations de sexisme, lors du dernier débat avant le vote très attendu dans l'Iowa, coup d'envoi des primaires démocrates.

Après des jours d'attaques à distance, on attendait des étincelles mais les six candidats espérant défier Donald Trump en novembre ont rapidement joué l'accalmie, tournant leur feu vers le président républicain, aux prises avec une procédure de destitution.

Mais signe que l'animosité n'était pas retombée, une fois l'émission terminée, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren a refusé de serrer la main de Bernie Sanders, qui, selon elle, lui aurait un jour dit qu'une femme ne pouvait pas être élue présidente. 

La vidéo de la scène est rapidement devenue virale sur Twitter. 

Dans le peloton de tête très serré pour l'Iowa, selon les sondages, aucun candidat n'a signé de franches échappées lors du débat. 

Joe Biden, Bernie Sanders, le benjamin de la course Pete Buttigieg et Elizabeth Warren se battent aux sommets des enquêtes d'opinion dans ce petit Etat rural qui pourrait avoir une grande influence sur la course démocrate puisqu'il sera le premier à voter, le 3 février.

Ils débattaient justement à Des Moines, dans l'Iowa, avec la sénatrice modérée Amy Klobuchar et l'homme d'affaires milliardaire Tom Steyer. 

Après une période de très vives tensions entre les Etats-Unis et l'Iran, ils ont été longuement interrogés sur leurs programmes concernant le Moyen-Orient. 

L'occasion pour le socialiste Bernie Sanders, 78 ans, de critiquer une nouvelle fois le modéré Joe Biden, 77 ans, sur son vote en 2002, lorsqu'il était sénateur, pour autoriser George W. Bush à intervenir militairement en Irak.

L'ancien vice-président de Barack Obama a reconnu une "erreur" mais a souligné qu'avec sa longue expérience en politique étrangère, il était qualifié pour occuper la présidence américaine. 

"C'est l'identité de l'Amérique qui sera en jeu" lors de la présidentielle du 3 novembre, a-t-il déclaré. "Pas celle que Donald Trump crache, la haine, la xénophobie, le racisme, cela ne nous définit pas. Nous devons retrouver l'âme de l'Amérique". 

Sur le nouvel accord commercial négocié entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique ou la réforme du système d'assurance santé, les six candidats ont aussi exposé leurs divisions.

Ex-maire et ancien militaire en Afghanistan, Pete Buttigieg, 37 ans, a rejeté les accusations d'Elizabeth Warren, 70 ans, que ses projets pour la santé étaient trop timorés en défendant une vision plus réaliste et rassembleuse, selon lui. 

Et il s'est présenté en candidat de l'avenir, marquant la différence avec ses trois grands rivaux septuagénaires.

- Une femme pour battre Trump? - 

Fort de sa bonne place dans les intentions de vote et de levées de fonds impressionnantes en 2019 malgré une récente crise cardiaque, Bernie Sanders avait surtout dirigé ses critiques vers le favori Joe Biden ces derniers jours. 


Mais c'est finalement entre les deux grands candidats progressistes de la primaire, Bernie Sanders et Elizabeth Warren, que la température est montée, à la faveur de fuites dans la presse. 

D'abord, le site Politico a affirmé que l'équipe du socialiste donnait comme consigne à ses volontaires de dépeindre sa rivale comme une candidate des élites. Ce qu'il n'a pas démenti. 

Puis deux jours plus tard, une autre polémique a eclaté avec des sources anonymes affirmant à CNN que Sanders avait déclaré, fin 2018, à Warren qu'une femme ne pourrait jamais gagner la présidentielle contre Donald Trump, alors même qu'elle lui annonçait qu'elle comptait se lancer.

"Je n'ai pas dit cela", a affirmé le sénateur lors du débat. 

Elizabeth Warren a immédiatement contredit son "ami". Avant d'empoigner, sérieuse, la grande question derrière ce débat: 

"Une femme peut-elle battre Donald Trump? Regardez les hommes sur ce plateau. A eux tous, ils ont perdu dix élections. Les seules personnes ici qui aient gagné toutes les élections auxquelles elles se sont présentées sont les femmes, Amy (Klobuchar, ndlr) et moi", a-t-elle déclaré en provoquant des applaudissements.  

- Trump compte les coups -

Lors d'un meeting de campagne organisé le même soir dans l'Etat voisin du Wisconsin, Donald Trump a éreinté ses rivaux, se moquant de Joe Biden, connu pour ses gaffe et taclant Bernie Sanders: "C'est un mauvais type".

Ironie, ce dernier, comme Elizabeth Warren, Amy Klobuchar et un autre sénateur candidat à la primaire démocrate, Michael Bennet, seront coincés au Congrès, à Washington, à partir de la semaine prochaine pour assister, comme jurés, au procès en destitution du président. Et empêchés de passer un temps précieux à faire campagne sur le terrain juste avant les premiers scrutins. 

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