Berlin juge insatisfaisante la gestion migratoire en Grèce

Berlin juge insatisfaisante la gestion migratoire en Grèce
Les ministre des Affaires étrangères allemand Heiko Maas et grec Nikos Kotzias à Athènes le 20 septembre 2018

AFP, publié le jeudi 20 septembre 2018 à 13h48

La situation  migratoire en Grèce est "tout sauf satisfaisante", a jugé jeudi le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, alors que des milliers d'exilés venus de Turquie continuent d'affluer, confinés dans des conditions sordides. 

"Nous devons réfléchir à comment mieux appliquer l'accord UE-Turquie", conclu en mars 2016 pour tarir le grand exode moyen-oriental vers l'Europe, a plaidé M. Maas, dans un entretien au quotidien libéral Kathimerini. 

En visite jeudi à Athènes, le ministre s'est aussi déclaré en faveur "des propositions pour un renforcement de Frontex", l'agence frontalière européenne, présentées récemment par la Commission européenne. 

Heiko Maas a jugé qu'un tel renforcement pourrait bénéficier de la "participation active" des pays membres de l'UE refusant d'accueillir des réfugiés, dans le cadre d'un accord entre les 27 pour combler le fossé entre les pays "ouverts à l'accueil" et les autres. 

"J'espère qu'un tel accord sera trouvé bientôt", car "nous avons besoin d'une solution en Méditerranée", a-t-il déclaré après un entretien avec son homologue grec Nikos Kotzias. 

Cet aménagement de la solidarité, proposé par la Commission européenne, prévoirait que "les pays qui sont ouverts à prendre des réfugiés le fassent", les autres "contribuant avec d'autres moyens, soit financiers soit en participant activement à la surveillance des frontières externes" de l'Union, a-t-il détaillé. 

Sa visite, alors que l'UE reste divisée sur la question migratoire, intervient aussi sur fond de reprise des tensions migratoires sur les îles grecques de l'Égée, où plus de 20.000 personnes sont confinées dans des conditions dénoncées par toutes les parties prenantes, notamment à Lesbos et Samos.

Face notamment à la détérioration de la situation dans le camp de Moria, à Lesbos, où près de 9.000 résidents s'entassent pour 3.000 places, le gouvernement grec s'est engagé à accélérer les transferts vers le continent de ceux parmi ces exilés jugés éligibles à l'asile. 

Mais il a aussi souligné être pris dans un cercle vicieux au vu de la poursuite des arrivées qui ont "presque doublé cet été" par rapport à l'année dernière, selon le ministre à la Politique migratoire Dimitris Vitsas.  

Conclu à l'initiative allemande, le pacte entre Ankara et les Européens prévoit en principe, outre un effort renforcé de la Turquie pour bloquer les départs, le renvoi en Turquie de tous les arrivants sur les îles, réfugiés syriens compris, et leur confinement dans l'attente sur les îles. 

En pratique toutefois, le respect du droit humanitaire impose à la Grèce d'accueillir la grande majorité des entrants, candidats à l'asile en Europe, mais après des mois d'attente dans des camps surchargés pour les intéressés. 

Le monde humanitaire accuse régulièrement la Grèce et l'UE d'entretenir à dessein de telles conditions d'accueil afin de décourager de nouveaux arrivants.

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