Les tirs de roquettes palestiniennes et les frappes israéliennes continuent à Gaza

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Des bombes éclairantes lancées par des avions de guerre israéliens sur la bande de Gaza le 12 novembre 2018
Des bombes éclairantes lancées par des avions de guerre israéliens sur la bande de Gaza le 12 novembre 2018
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© AFP, MAHMUD HAMS

AFP, publié le mardi 13 novembre 2018 à 06h55

Les tirs de roquettes palestiniennes et les frappes israéliennes sur la bande de Gaza se sont poursuivies dans la nuit de lundi à mardi, prolongeant la plus sérieuse confrontation depuis la guerre de 2014 et ravivant le spectre d'un nouveau conflit.

Au moins quatre Palestiniens ont été tués, selon un nouveau bilan, dans ces échanges qui ont fait un mort et des dizaines de blessés en territoire israélien. L'homme tué en Israël est un Palestinien dont la police israélienne a dit vérifier les raisons de sa présence à Ashkélon.

Depuis lundi après-midi, environ 400 tirs de roquettes ont été dénombrés par l'armée israélienne qui a indiqué avoir frappé en représailles près de 150 positions du mouvement islamiste palestinien Hamas et de son allié, le Jihad islamique.

Cette escalade est survenue après des mois de tensions qui font redouter une quatrième guerre en dix ans entre Israël et le Hamas qui gouverne sans partage l'enclave palestinienne sous blocus, coincée entre l'Etat hébreu, l'Egypte et la Méditerranée.

Rien ne permet de dire si ces tensions, bien que plus prolongées que les précédents épisodes, vont retomber à leur tour ou si l'escalade va se poursuivre et faire avorter les efforts déployés depuis des semaines pour parer une nouvelle confrontation.

L'armée israélienne et la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, ont échangé les mises en garde musclées. Les sirènes d'alerte ont retenti toute la soirée et une partie de la nuit dans les localités israéliennes riveraines de la bande de Gaza, précipitant ou maintenant les résidents dans les abris. Les classes de mardi ont été annulées dans plusieurs communes et les habitants ont reçu pour instruction de ne pas s'éloigner des abris.

L'armée israélienne a mobilisé des renforts et des moyens significatifs et déployé des batteries antimissiles supplémentaires, a dit un porte-parole, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus. Un journaliste de l'AFP a vu des tanks acheminés en direction de la bande de Gaza, une scène familière dans les périodes d'alarme.

"Nous sommes prêts à augmenter notre effort contre les organisations terroristes", a dit Jonathan Conricus aux journalistes.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit réunir mardi matin son cabinet de sécurité, forum restreint chargé des questions les plus sensibles, ont indiqué les médias.

L'envoyé spécial de l'ONU Nickolay Mladenov a dit continuer à travailler avec l'Egypte voisine pour éloigner Gaza des "bords de l'abîme". "L'escalade des dernières 24 heures est extrêmement dangereuse et inconsidérée", a-t-il tweeté.

Des dizaines d'Israéliens ont été légèrement blessés, essentiellement par des éclats, selon les secours.

La plupart des roquettes sont retombées dans des zones inhabitées, a indiqué l'armée, mais des bâtiments ont été directement touchés, dont l'un à Ashkélon.

Une femme a été d'abord été extraite dans un état critique. Puis les sauveteurs ont découvert dans les décombres la dépouille d'un homme qui n'a pas été identifié mais qui s'est révélé être un Palestinien et qui serait âgé d'une quarantaine d'années, selon les médias.

De nombreux Palestiniens travaillent en Israël.

L'engrenage militaire a été enclenché lundi en milieu d'après-midi quand un soldat israélien a été gravement blessé par un tir de missile antichar contre un car stationné près du kibboutz de Kfar Aza, non loin de la bande de Gaza au nord. Selon les secours, le jeune homme de 19 ans est dans un état critique.

L'armée israélienne a alors commencé à frapper dans Gaza et les roquettes ont commencé à partir.

- Incursion -

Au moins quatre Palestiniens ont été tués par les frappes, a rapporté le ministère gazaoui de la Santé, qui a fait état de neuf blessés.

Dans la soirée, l'aviation israélienne a détruit le siège d'Al-Aqsa TV, la chaîne du mouvement islamiste Hamas, ainsi qu'un ancien hôtel abritant les bureaux de services de sécurité en plein centre de la ville de Gaza. 

La bande de Gaza et ses alentours sont en proie depuis fin mars aux tensions entre Israël, le Hamas et ses alliés, qui ont culminé à de nombreuses reprises dans des flambées de violences jusqu'alors retombées au bout de quelques heures. 

Un tel accès s'est à nouveau produit dimanche, lors d'une incursion à hauts risques des forces spéciales israéliennes qui a apparemment mal tourné.

Israël a parlé sans plus de précision d'une opération de collecte de renseignement. Les brigades al-Qassam ont, elles, évoqué l'opération clandestine de soldats progressant incognito dans l'enclave à bord d'une voiture civile palestinienne quand leur couverture a été percée à jour par une patrouille.

L'unité aurait pris la fuite sous les tirs de protection de l'aviation israélienne et aurait été évacuée auprès de la frontière par un hélicoptère israélien. 

Sept Palestiniens, dont un commandant local de la branche armée du Hamas et cinq autres membres des brigades al-Qassam, ainsi qu'un lieutenant-colonel israélien ont trouvé la mort.

- Trêve durable -

C'est le deuxième soldat israélien tué depuis fin mars. Au moins 231 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis cette date. 

Les brigades al-Qassam ont revendiqué le tir du missile antichar contre un car et les tirs de roquettes comme la réponse "au crime" de dimanche. L'armée israélienne n'a pas confirmé que le car transportait des soldats.

Le Premier ministre israélien, rentré prématurément de Paris dimanche, a réuni le ministre de la Défense Avigdor Lieberman et les responsables de la sécurité. Aucune décision n'a été rendue publique après ces consultations.

Les signes d'une possible détente s'étaient pourtant succédé ces dernières semaines, comme le transfert la semaine passée de quinze millions de dollars versés par le Qatar, soutien de longue date du Hamas, pour payer au moins partiellement les fonctionnaires du Hamas.

L'opération allait de pair avec les efforts déployés depuis des mois par l'Egypte et l'ONU en vue d'une trêve durable entre Israël et le Hamas.

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