Bangladesh: un tué lors de nouvelles manifestations contre le Premier ministre indien

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La police fait face aux manifestants islamistes à Narayanganj, près de Dacca (Bangladesh) le 28 mars 2021
La police fait face aux manifestants islamistes à Narayanganj, près de Dacca (Bangladesh) le 28 mars 2021
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© AFP, Munir Uz zaman

, publié le dimanche 28 mars 2021 à 15h16

Un jeune homme de 19 ans a été tué et au moins une dizaine de personnes ont été blessées dimanche au Bangladesh lors d'affrontements entre la police et des manifestants islamistes, selon des responsables et la presse locale, au troisième jour de protestations contre la visite du Premier ministre indien Narendra Modi.

Les manifestants, pour beaucoup membres du groupe islamiste radical le plus important du Bangladesh, Hefazat-e-Islam, condamnent la visite de M. Modi, un nationaliste hindou, qu'ils accusent d'attiser les violences contre les musulmans dans son pays.

Cinq personnes ont péri vendredi, et six autres samedi, quand la police a ouvert le feu sur des manifestants dans plusieurs districts de ce pays à majorité musulmane de 168 millions d'habitants.

Un jeune homme de 19 ans est mort dimanche dans un hôpital du district de Brahmanbaria (est) après s'être retrouvé au milieu d'affrontements dans la municipalité de Sarail, a annoncé à l'AFP l'un des médecins de l'établissement, Shawkat Hossain.

Les autorités craignent qu'il y ait deux autres morts, a indiqué à l'AFP un responsable gouvernemental local, Ariful Haq Mridul.

Selon lui, environ 3.000 partisans du Hefazat ainsi que des villageois musulmans ont pris part aux protestations dans la municipalité et ont bloqué des routes à l'aide de rondins.

Le ministre de l'Intérieur Asaduzzaman Khan a appelé à l'arrêt des manifestations. "Nos forces de sécurité observent cela avec patience", a-t-il déclaré dimanche à la presse. "Si ça ne s'arrête pas, nous prendrons les mesures qui s'imposent."

Ces protestations interviennent au moment où le Bangladesh célèbre le 50e anniversaire de son indépendance, le gouvernement vantant les réussites économiques du pays - éclipsées par les violations des droits, selon des groupes de défense des droits humains.

- "Action" -

"Action, action, action directe", ont scandé des partisans de Hefazat-e-Islam dans une autre manifestation à Narayanganj, près de la capitale, où ils ont bloqué une autoroute importante entre Dacca et la ville portuaire de Chittagong.

Des centaines de personnes ont brûlé des pneus et des meubles sur la chaussée en scandant des slogans contre le Premier ministre indien et en demandant aux autorités une enquête sur les fusillades meurtrières des derniers jours.

La police a tiré des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Un porte-parole de la police a affirmé que les manifestants avaient quitté l'autoroute.

Selon le quotidien Prothom, au moins 15 personnes ont été blessées dans les affrontements à Narayanganj.

Le journal Daily Star indique de son côté qu'au moins 10 personnes ont été blessées lorsque des partisans du Hefazat ont attaqué un train transportant des passagers de Dacca vers Chittagong.

Des affrontements entre les partisans du groupe islamiste et la police ont eu lieu dans plusieurs autres villes du pays, selon les médias locaux.

La visite du nationaliste indien Narendra Modi, arrivé dans la capitale vendredi à l'occasion de cet anniversaire, est accueillie depuis plusieurs jours par des manifestants -dont font aussi partie des étudiants et des militants de gauche- qui l'accusent d'exacerber le communautarisme en Inde.

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