Bahreïn: décès du Premier ministre, le prince héritier lui succède

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Dans cette photo prise le 28 octobre 2019, le prince héritier Salmane ben Hamad Al-Khalifa (C) participe à l'ouverture d'une conférence à Manama
Dans cette photo prise le 28 octobre 2019, le prince héritier Salmane ben Hamad Al-Khalifa (C) participe à l'ouverture d'une conférence à Manama
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© AFP, Mazen Mahdi

, publié le mercredi 11 novembre 2020 à 19h55

Le prince héritier de Bahreïn, Salmane ben Hamad Al-Khalifa, a été nommé Premier ministre mercredi après le décès de son prédécesseur qui avait occupé ce poste depuis l'indépendance de ce petit pays du Golfe en 1971.

Décédé à l'âge de 84 ans, Khalifa ben Salmane Al-Khalifa était le plus ancien Premier ministre du monde. Il était très impopulaire auprès de la communauté chiite du royaume dirigé par une dynastie sunnite et siège de la Ve Flotte américaine.

Selon l'agence de presse officielle bahreïnie BNA, il est mort le matin à l'hôpital Mayo Clinic aux Etats-Unis. Ses funérailles auront lieu après le rapatriement du corps et seront limitées à des proches en raison de l'épidémie du nouveau coronavirus.

Le pays observera un deuil officiel d'une semaine avec les drapeaux mis en berne. Les administrations seront fermées pendant trois jours.

Quelques heures après l'annonce du décès de son oncle, le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa a désigné comme Premier ministre son fils, le prince héritier Salmane, un pragmatique âgé de 51 ans, instruit en Occident et qui a tenté de construire des ponts avec l'opposition, contrairement à son prédécesseur.

Le prince héritier assumait en fait depuis quelques années les charges du Premier ministre, cheikh Khalifa s'étant progressivement éclipsé avec l'âge.

Loué pour son rôle de premier plan dans l'économie de Bahreïn, cheikh Khalifa a été accusé par ses détracteurs d'incarner la ligne dure du régime en s'opposant à toute réforme politique et en réprimant systématiquement les dissidents.

- Grande fermeté -

Réputé proche de l'Arabie saoudite, il a adopté la plus grande fermeté contre le mouvement contestataire des chiites qui réclamaient des changements dans le sillage du Printemps arabe de 2011. La répression fut sanglante.

Son départ était réclamé par les manifestants qui avaient occupé la place de la Perle de Manama pendant un mois en février 2011.

Cette place a été rebaptisée par des milliers de manifestants "place Tahrir" -épicentre au Caire de la révolte ayant chassé l'ex-président Hosni Moubarak du pouvoir en 2011, les protestataires réclamant une véritable monarchie constitutionnelle.

Mais le soulèvement a été écrasé mi-mars après l'entrée de troupes du Golfe, notamment saoudiennes, pour protéger des installations vitales.

Pendant de longues années, cheikh Khalifa s'est employé à faire de Bahreïn -qui, contrairement aux autres monarchies du Golfe, n'a que de modestes ressources pétrolières- un centre financier régional.

Il a aussi a renforcé les relations avec les Etats-Unis, auxquels son gouvernement a accordé des facilités militaires au moment de l'indépendance en 1971. 

- Allié des Etats-Unis -

Bahreïn est le siège de la Ve Flotte américaine et abrite aussi une base militaire britannique.

Après l'invasion du Koweït en 1990 par les troupes irakiennes de Saddam Hussein, des manifestations en faveur de la démocratie ont eu lieu à Bahreïn.

En 1992, un Majlis al-Choura, conseil consultatif, est créé. Mais cela n'a pas empêché les troubles antigouvernementaux qui, animés par l'opposition chiite, ont repris en 1994 avec des appels au rétablissement du Parlement élu.

Les troubles ont duré jusqu'en 1999 lorsque cheikh Hamad a accédé au trône et amorcé des réformes qui ont rétabli en 2002 le Parlement élu.

Depuis la contestation de 2011, le royaume est secoué par des troubles sporadiques alimentés, selon les autorités, par "des groupes terroristes violents, liés à l'Iran" chiite, ce que Téhéran dément.

Les principaux mouvements d'opposition ont été dissous et des dizaines de dissidents emprisonnés et déchus de leur nationalité.

Cette répression, dénoncée par des organisations de défense des droits humains, n'a pas mis en péril la relation entre Manama et Washington.

Plusieurs dirigeants de la région ont salué la mémoire de cheikh Khalifa dans des messages de condoléances.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont le pays vient de normaliser ses relations avec Manama, a salué sa "contribution pour parvenir à la paix entre les deux pays".

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