Aux Etats-Unis, Macron se paie Trump devant le Congrès

Aux Etats-Unis, Macron se paie Trump devant le Congrès
Emmanuel Macron a été ovationné par la représentation américaine. Devant le Congrès, il a donné un discours d'une quarantaine de minutes.
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leparisien.fr, publié le mercredi 25 avril 2018 à 21h45

Avec un discours très politique, le président français a séduit les parlementaires américains, et ciblé, sans le nommer, Donald Trump.

« Alors ? » Dans les coursives du Capitole, siège du Congrès américain, un collaborateur du président affiche un petit sourire victorieux. Représentants et sénateurs américains ont ovationné Emmanuel Macron qui vient de dérouler un discours, entièrement en anglais, de cinquante minutes. Du soutien (plus de 40 salves d'applaudissements) - de belles images aussi - au lendemain d'une journée moins réussie d'un point de vue diplomatique avec Donald Trump, notamment autour du nucléaire iranien.

Il faut dire que le chef de l'État a donné de sa personne. Trois semaines de préparation pour boucler ce texte, prononcé cinquante-huit ans jour pour jour après celui du Général de Gaulle en ces mêmes lieux, un détail qu'a opportunément relevé l'entourage du président.

À ces parlementaires américains, Emmanuel Macron a offert une touche de glamour (un baiser adressé à son épouse dans les gradins), une pointe d'humour aussi, comme lorsqu'il évoque les « kiss and hugs » (bises et câlins) de Voltaire et du père fondateur des États-Unis, Benjamin Franklin en 1778. Mais aussi du lyrisme, de l'histoire, une déclaration d'amitié enflammée avant de livrer sa vision du monde, tout en glissant force coups de griffe à Donald Trump, absent de l'hémicycle, mais qui a suivi l'intervention à la télé, comme il l'a assuré dans un message sur Twitter.

« C'est un honneur pour la France, pour les Français et moi-même d'être reçu ici, dans ce temple de la démocratie, où une partie de l'histoire des États-Unis s'est écrite », a poliment commencé le président devant une salle comble.

L'accord sur le climat au menu

Avant d'entrer le vif du sujet, sous la forme d'un vibrant plaidoyer en faveur du multilatéralisme. « Nous pouvons choisir l'isolationnisme, le retrait et le nationalisme. Ce n'est pas une option. Ce peut-être un remède tentant de nos peurs. Mais fermer la porte au monde n'arrêtera pas l'évolution du monde », a lancé Emmanuel Macron. Voilà pour « l'Amérique d'abord », la ligne politique privilégiée par son homologue, également visé quand Macron dit ne pas partager cette « fascination pour les hommes forts et les illusions du nationalisme ».

Le président français a aussi tancé la volonté de Trump de quitter l'accord de Paris sur le climat. Devant ce Congrès contrôlé par les républicains (qui n'ont pas applaudi ces passages), Macron ne mâche pas ses mots. « Certains considèrent qu'il est plus important de protéger les industries et les emplois actuels que de relever les défis du changement climatique, lâche-t-il. J'entends leurs inquiétudes (...). Mais il n'y a pas de planète alternative. » Et d'ajouter, plus confiant que jamais : « Je suis certain qu'un jour les États-Unis reviendront dans l'accord de Paris. »

C'est ensuite contre une autre menace brandie par Trump qu'Emmanuel Macron s'insurge : celle d'annuler l'exemption de taxes douanières sur l'aluminium et l'acier dont bénéficie l'Europe. « Une guerre commerciale entre alliés n'est pas cohérente, cingle-t-il. Nous pouvons apporter la bonne réponse à des inquiétudes légitimes en négociant dans le cadre de l'OMC. Nous avons rédigé ses règles, nous devons les suivre. »

Une riposte en règle... en l'absence du principal intéressé, qui aura tout de même ravi la représentation américaine autant que les proches d'Emmanuel Macron. Commentaire de Bruno Roger-Petit, porte-parole du chef de l'État : « Quand le président parle au nom de la France, l'Amérique écoute... et applaudit. »

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