Aux Etats-Unis, le confinement génère une légère nervosité capillaire

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Coupe maison dans un appartement de Miami Beach, le 6 avril 2020
Coupe maison dans un appartement de Miami Beach, le 6 avril 2020
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© AFP

, publié le mercredi 08 avril 2020 à 07h45

"Je pensais le faire moi-même, mais ça aurait été une catastrophe, alors je me suis fait couper les cheveux": passée au gril après d'indiscrètes photos sur Facebook, la maire de Chicago a dû admettre avoir eu recours à ce qui, en ces temps de coronavirus, fait figure de privilège.

Pour sa défense, Lori Lightfoot a invoqué sa visibilité et le port d'un masque par la coiffeuse, sans dissiper les accusations d'élitisme qui fleurissent sur les réseaux sociaux. 

Coincés chez eux depuis plusieurs semaines, les Américains, d'ordinaire très attentifs à leur coiffure, commencent à manifester des signes de nervosité capillaire.

Si leurs problèmes de cheveux relèvent de l'anecdote face aux drames causés par la pandémie, ils nourrissent une multitude de blagues, montages vidéo et tutoriels en ligne. Même le très sérieux New York Times s'est fendu d'un article de conseils.  

Alors, couper ou pas couper?

Ceux qui peuvent se permettre la boule à zéro -- comme l'acteur Riz Ahmed (Rogue One), qui a testé la #stayathome haircut (#coupe maison) -- se sont rués sur les tondeuses mises en vente en ligne. 

Certains, à bout, se sont résolus à faire confiance à leur moitié. Mary Lee Gannon, 59 ans, avait d'abord essuyé un refus quand elle a proposé d'aider son mari, qui "ressemblait de plus en plus à Mike Jagger". Deux semaines plus tard, c'est lui qui est revenu vers elle. 

Armée d'une vieille paire de ciseaux qui avait servi à couper les poils de leur chien, elle est passée à l'attaque. "Ca ne s'est pas mal passé, il était content", raconte à l'AFP cette habitante de Pittsburgh. "Il suffit de garder la même longueur partout..."

A en croire différents internautes, ce n'est pas toujours si simple. L'enfant star Julia Butters (Once Upon a Time... in Hollywood) a mis en ligne une vidéo de ses efforts pour rafraîchir la coupe de son père. 

"C'est l'un des papas les plus courageux au monde", lance-t-elle en introduction. "La frontière est très mince entre la bravoure et la stupidité", répond-il avec lucidité, avant de finir la tignasse criblée de trous.

- Attention, danger -

La plupart des coiffeurs sont formels: mieux vaut attendre que de se lancer dans des expérimentations qu'ils devront rattraper.

"Ne coupez pas vos cheveux, ça va augmenter votre stress", a ainsi lancé le coiffeur des stars Scotty Cunha (habitué de la tête des Kardashian) dans le magazine Page Six Style.  

C'est encore plus vrai pour les colorations à base de produits chimiques. "Je m'inquiète pour ceux qui se mettent des produits sur la tête sans comprendre le risque de réaction", confie Leslie Young, porte-parole d'un syndicat de professionnels du secteur.

Selon elle, certaines personnes sont "tellement désespérées" qu'elles insistent pour se rendre au domicile de leur coiffeur ou les faire venir chez elles.

Souvent privés de revenus depuis la fermeture des salons, certains pourraient être tentés d'accepter. Leslie Young leur déconseille vivement. "C'est dangereux" et les assurances ne joueront pas en cas de problème, relève-t-elle.

D'autres tentent de gagner un peu d'argent en prodiguant leurs conseils dans des vidéos mises en ligne ou directement à leurs clients par visioconférence. 

Même si les Américains vont d'ordinaire "toutes les six à huit semaines chez le coiffeur", selon Mme Young, la plupart semblent toutefois résignés à attendre. Et tant pis si cela doit révéler quelques petits secrets, notamment dans le monde très blond de la télévision.

Face à ce risque, la journaliste Kayla Tausche, de la chaîne CNBC, a pris les devants. "Vous allez le découvrir bientôt, alors autant que je vous le dise moi-même: je suis une vraie brunette", a-t-elle tweeté, une photo d'elle enfant à l'appui. 

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