Australie: le navire "Ruby Princess" infecté par le coronavirus accoste près de Sydney

Australie: le navire "Ruby Princess" infecté par le coronavirus accoste près de Sydney
Le bateau de croisière "Ruby Princess" dans le port de Kembla, au sud de Sydney, le 6 avril 2020 en Australie

, publié le lundi 06 avril 2020 à 11h57

Un bateau de croisière, le "Ruby Princess", lié à lui seul au quart des personnes décédées du nouveau coronavirus en Australie, a accosté lundi près de Sydney, après que les quelque 200 membres d'équipage ont commencé à présenter des symptômes du Covid-19.

Le paquebot s'est amarré à Port Kembla, à environ 80 kilomètres au sud de Sydney, après avoir passé des semaines bloqué en pleine mer. 

Des médecins ont évalué l'état de santé des membres d'équipage malades et décidé lesquels d'entre eux devaient être débarqués afin de se faire soigner à terre. 

Mi-mars, le gouvernement australien avait autorisé le débarquement à Sydney des 2.700 passagers du "Ruby Princess" opéré par Carnival Australia, en dépit d'une mesure prise quelques jours auparavant qui interdisait aux navires de croisière d'accoster en Australie. 

Ces croisiéristes avaient ensuite regagné leurs domiciles disséminés à travers tout le territoire australien. Des centaines de passagers ont ensuite été testés positifs au nouveau coronavirus.

Au moins dix d'entre eux ont depuis succombé au Covid-19, soit un quart des 40 morts liées au coronavirus en Australie. Jusqu'à présent, près de 6.000 personnes ont été testées positives sur l'île-continent.

La police de l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud, où est situé Port Kembla, a indiqué dans un communiqué que le bateau pouvait demeurer jusqu'à dix jours au port, le temps pour lui de se réapprovisionner et de faire le plein en carburant avant de quitter les eaux australiennes. 

Elle a précisé que l'équipage ne serait autorisé à débarquer qu'en cas d'urgence et que plusieurs membres de l'équipage ont déjà été hospitalisés.

"L'amarrage se fera dans le respect des normes sanitaires strictes" et dans la mesure où "cela ne représentera aucun risque pour les employés du port ou pour la population", a insisté la police qui avait annoncé la veille l'ouverture l'ouverture d'une enquête pénale suite au  débarquement des passagers du paquebot.

Mick Fuller, le chef de la police de l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud, avait fait état dimanche de "divergences totales" entre les informations fournies par l'opérateur du navire aux autorités et les dispositions prévues par la loi. Selon lui, des "questions" demeurent "sans réponse", notamment concernant l'état de santé des passagers.

"La question essentielle qui demeure sans réponse, et pour laquelle une enquête pénale et médico-légale devra être menée, est de savoir si l'équipage de Carnival a fait preuve de transparence" au sujet de "l'état de santé des patients et de l'équipage par rapport au Covid-19", avait-il expliqué. 

"Le permis international délivré pour entrer dans un port repose sur l'assurance, donnée par le capitaine aux autorités, que le navire est exempt de maladie contagieuse", avait rappelé le responsable policier.

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