Auprès des Latinos de Floride, le discours anti-socialiste de Trump a fait mouche

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A Miami dans la nuit du 3 au 4 novembre 2020
A Miami dans la nuit du 3 au 4 novembre 2020
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© AFP, Eva Marie UZCATEGUI

, publié le mercredi 04 novembre 2020 à 08h51

La rhétorique anti-socialiste de Donald Trump a porté ses fruits en Floride. Les électeurs hispano-américains de droite, Cubains anti-castristes en tête, ont été décisifs dans la victoire du président dans le "Sunshine State".

Dans le quartier de Little Havana, à Miami, des dizaines de personnes écoutaient de la salsa et brandissaient des drapeaux américains dans la soirée de mardi, célébrant déjà la victoire du président dans cet Etat dont le républicain a besoin pour rester quatre ans de plus à la Maison Blanche.

Un refrain résonnait devant l'emblématique Café Versailles: "Je ne sais pas toi, mais moi je vais voter pour Donald Trump". "Liberté pour Cuba!", criait une femme aux caméras venues filmer.

La Floride, avec ses 29 grands électeurs, est célèbre pour ses résultats serrés lors des élections présidentielles américaines.

Selon des analystes, la victoire de M. Trump ici est le résultat du soutien dont il bénéficie dans le monde rural blanc ainsi que de son discours anti-communiste, qui a convaincu les Hispaniques vivant en Floride, connus pour leur hostilité envers les régimes de gauche en Amérique latine.

"Les démocrates ont perdu le vote hispanique. Pas seulement celui des Cubains. Mais aussi celui des Vénézuéliens, des Argentins, des Boliviens, des Colombiens... Tous sont trumpistes ici", dit Eduardo Gamarra, professeur de sciences politiques à l'Université internationale de Floride (FIU).

Et les manifestations antiracistes parfois accompagnées de violences qui ont déferlé sur le pays cet été, après la mort fin mai de George Floyd sous le genou d'un policier, ont effrayé beaucoup des Latinos de Floride.

"L'électeur sud-américain ici en Floride est issu des classes moyenne et aisées" de pays latino-américains, explique M. Gamarra.

"C'est pourquoi l'une des choses qui ont le plus nui" aux démocrates "a été (le mouvement) Black Lives Matter, alors que les Latinos du reste des Etats-Unis ont une autre perception d'eux-mêmes en raison de leur origine sociale", ajoute-t-il.

- "Relation étroite" -

Ainsi Carlos Rizo, un Cubain qui surveille les résultats chez lui à Miami "en priant" pour que M. Trump gagne, considère que Black Lives Matter est un instrument de la gauche pour saper la démocratie.

"Black Lives Matter, tout le monde sait ce qu'ils sont et ce qu'ils ont provoqué", assure à l'AFP ce transporteur de 53 ans.

"Eux et les antifas, ce sont des gens qui ont utilisé (les démocrates) pour provoquer panique et terreur", assure-t-il.

Jorge Duany, directeur de l'Institut de recherches cubaines de la FIU, ne pense pas que le vote latino soit la seule raison de la victoire de M. Trump en Floride (les Hispaniques représentent 20% de l'électorat ici), puisqu'il est possible de remporter cet Etat sans eux si le vote rural, par exemple, est acquis.

Mais "la relation étroite" cultivée par le président avec les communauté cubaine et vénézuélienne de Miami "a eu de l'effet", dit-il.

"Ils ont clairement dû faire pencher la balance en faveur de M. Trump", précise-t-il.

M. Duany pense également que la défaite de M. Biden est due au fait que son équipe de campagne ait tardé à faire sentir sa présence en Floride; et quand elle l'a fait, dit-il, il était trop tard pour défaire les progrès de M. Trump.

L'équipe Biden a aussi pris du temps pour répondre à celle de M. Trump qui accusait le démocrate d'être "communiste" et de mèche avec les gouvernements cubain et vénézuélien.

"Ici en Floride, cette idée a été beaucoup rabâchée et elle a probablement a eu un impact", selon M. Duany.

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