Audition jeudi de l'accusatrice du juge Kavanaugh devant le Sénat américain

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Le juge Brett Kavanaugh quitte son domicile de Chevy Chase, le 19 septembre 2018 dans le Maryland,
Le juge Brett Kavanaugh quitte son domicile de Chevy Chase, le 19 septembre 2018 dans le Maryland,
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AFP, publié le dimanche 23 septembre 2018 à 11h59

La femme accusant d'agression sexuelle le juge Kavanaugh, candidat de Donald Trump à la Cour suprême, a accepté de témoigner au Sénat, plusieurs médias affirmant que l'audition aura lieu jeudi.

La commission judiciaire de la chambre haute veut entendre le témoignage de Christine Blasey Ford, qui affirme avoir été agressée sexuellement par Brett Kavanaugh au cours d'une soirée arrosée entre adolescents au début des années 80.

Elle prévoit également d'auditionner sur ces allégations le magistrat de 53 ans, qui les réfute en bloc.

"Le Dr Blasey Ford témoignera la semaine prochaine. Elle a fait preuve d'un formidable courage face aux menaces de mort et au harcèlement et mérite le respect", a tweeté Dianne Feinstein, sénatrice démocrate de Californie et membre de la commission judiciaire.

Après que cette commission eut reçu un message des avocats de la présumée victime, qui est aujourd'hui professeure de psychologie dans une université californienne, plusieurs autres de ses membres ont confirmé qu'elle avait accepté d'être entendue.

De son côté, "Brett Kavanaugh reste prêt, souhaitant et impatient de témoigner dès que possible", a assuré la Maison Blanche.

Le bras de fer durait depuis plusieurs jours déjà. 

Vendredi, le président républicain de la commission, Chuck Grassley, avait ainsi adressé un nouvel ultimatum pour engager Mme Blasey Ford à se présenter mercredi, menaçant, si elle refusait, d'organiser un vote dès lundi sur la confirmation du juge, sans entendre son témoignage.

"PROCEDEZ AU VOTE !", a de son côté tweeté le président Donald Trump, tout en accusant des "responsables politiques de la gauche radicale" d'être à l'origine de cette affaire.    

- Enjeu immense -

Des médias, dont Politico et Daily Beast, ont rapporté que l'audience aurait lieu jeudi. Ils citent des sources ayant été informées du contenu d'un échange téléphonique entre la commission et les avocats de Mme Blasey Ford.

Jusqu'ici, il semblait impossible pour Mme Blasey Ford et cette commission de tomber d'accord sur la date et les modalités de l'audition, même si la victime présumée avait déjà donné son accord de principe.

Si ses avocates avaient bien signifié samedi que leur cliente était prête à témoigner, elles n'avaient pas proposé de calendrier précis et simplement offert de reprendre les discussions, selon un message électronique diffusé par le Washington Post.

Christine Blasey Ford ne souhaitait pas être entendue avant jeudi et demandait à pouvoir appeler un témoin qui était présent au moment de l'agression, qui se serait passée quand elle avait 15 ans et Brett Kavanaugh 17. 

L'enjeu est immense : la nomination à vie de ce magistrat pourrait placer les juges progressistes ou modérés en minorité pour de longues années à la Cour suprême, l'arbitre des grandes questions qui divisent la société américaine, comme le droit à l'avortement.

Et les Républicains veulent une confirmation avant les élections législatives à mi-mandat de début novembre, à l'issue desquelles ils pourraient perdre le contrôle du Congrès.

"Jusqu'ici, les Républicains poussent pour une audition et n'accèdent pas à sa requête de témoigner jeudi et non mercredi. C'est 24 heures", avait déploré samedi sur Twitter la sénatrice démocrate de Californie Kamala Harris.

"Je soutiendrai sa ferme bravoure face aux contraintes arbitraires, injustes et irrationnelles fixées par le président (de la commission judiciaire Chuck) Grassley", avait surenchéri le sénateur démocrate Richard Blumenthal, membre, tout comme Mme Harris, de la commission judiciaire.

- "Complètement ivres" -

Donald Trump a quant à lui attaqué frontalement Christine Blasey Ford vendredi, s'étonnant de son silence pendant plus de trente ans.

"Si les attaques avaient été aussi graves que ce que dit le Dr Ford, il y aurait eu une plainte d'elle ou de ses parents aimants", a tweeté le président.

Cette mise en doute de la parole de cette victime présumée a suscité un tollé, des milliers de personnes livrant depuis leur témoignages publiquement sur Twitter, expliquant pourquoi elles n'avaient pas porté plainte après une agression sexuelle, derrière le hashtag #WhyIDidntReport (Pourquoi je n'ai pas porté plainte).

"Parce que j'avais 18 ans. J'étais effrayée. Je ne pensais pas qu'on pourrait me croire", a tweeté Gretchen Whitmer, candidate démocrate au poste de gouverneur dans le Michigan.

"Je connaissais mon assaillant. Je ne pouvais pas briser le coeur de mes parents. Je ne voulais pas être définie par l'acte violent criminel de quelqu'un".

Dans son témoignage initialement paru dans le Washington Post, Christine Blasey Ford avait expliqué que Brett Kavanaugh et un ami, "complètement ivres", l'avaient coincée dans une chambre, plaquée sur un lit et avait cherché à la déshabiller, avant qu'elle ne parvienne à s'enfuir.

Dans un article publié samedi par le Washington Post, le mari de Christine Blasey Ford, Russell Ford, raconte que l'évocation de Brett Kavanaugh dans les médias après sa désignation par Donald Trump a réveillé en elle un passé douloureux.

"Elle disait : je ne peux pas gérer ça", a-t-il expliqué. "S'il est nommé, alors je déménage dans un autre pays."

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