Au Vietnam, la vie dans les "micro-maisons" du coeur de l'ex-Saïgon

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Pham Quoc Cong dans sa "micro-maison" de 2m2, le 2 mai 2018 à Ho Chi Ming-ville, au Vietnam
Pham Quoc Cong dans sa "micro-maison" de 2m2, le 2 mai 2018 à Ho Chi Ming-ville, au Vietnam
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© AFP, Thanh NGUYEN
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AFP, publié le jeudi 24 mai 2018 à 13h33

Pham Quoc Cong vit avec six membres de sa famille dans une chambre de 2m2 à Ho Chi Minh-ville, l'ex-Saïgon. Le prix à payer pour rester dans le centre-ville d'une de ces villes asiatiques où l'immobilier flambe. 

Cet ouvrier du bâtiment vit dans une pièce encombrée de jouets d'enfants, d'un frigo et de lits superposés. 

Lui même dort souvent à l'extérieur, sur un transat. "C'est très difficile de trouver un endroit sec pendant la saison des pluies", explique cet homme de 49 ans qui vit ici depuis 1975.

A Ho-Chi-Minh-ville, la capitale économique vietnamienne, le prix des terrains est monté à près de 18.000 euros le m2, repoussant aux périphéries de la ville les plus modestes.

"Mais nous sommes habitués à ce quartier. Si on part ailleurs, on ne pourra plus faire d'affaires", explique Cong, dont les soeurs et la nièce, qui vivent toutes avec lui, sont marchandes ambulantes dans le quartier.

Ces maisons de fortune comme la sienne sont aujourd'hui entourées de projets immobiliers modernes, ou cachées derrière des étals de restaurants de rue.

Mel Schenck, qui étudie l'architecture en pleine mutation de l'ancienne Saïgon, évoque ces "micromaisons pittoresques", destinées à disparaître au fur et à mesure.

Certaines remontent à l'époque de la colonisation française, alors que ce quartier était encore couvert de rizières.

Nguyen Van Truong, qui vit dans une autre de ces micro-maisons (à cinq dans 6 m2), s'inquiète de la construction d'un immeuble de luxe juste à côté de son terrain.

"Je ne pense pas que nous obtiendrons une compensation très importante" en cas d'expulsion, se désespère l'homme de 62 ans.

Dans ce pays dirigé par un parti communiste tout-puissant, en proie à une importante corruption, les responsables de l'administration de la ville sont soupçonnés de s'enrichir en cédant des terrains à des promoteurs immobiliers en compensant les habitants bien en-dessous du prix du marché. 

"Mais je préfèrerais mourir que d'être forcé de quitter ce lieu", dit l'ouvrier.

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