Au moins cinq décès liés aux cigarettes électroniques aux États-Unis

Au moins cinq décès liés aux cigarettes électroniques aux États-Unis
Au moins 450 utilisateurs souffriraient de maladies pulmonaires graves dues à la cigarette électronique aux États-Unis (Illustration).

, publié le samedi 07 septembre 2019 à 11h22

Le nombre d'utilisateurs de cigarettes électroniques contractant des maladies pulmonaires explose outre-Atlantique. 

Souvent présenté comme une alternative plus saine au tabac, la cigarette électronique comporte néanmoins des risques pour la santé. Au moins cinq personnes sont mortes après avoir utilisé des cigarettes électroniques aux États-Unis, ont annoncé les autorités sanitaires vendredi 6 septembre. Le nombre de malades frappés par de graves difficultés respiratoires a par ailleurs doublé pour atteindre 450 dans le pays.

Les enquêteurs fédéraux n'ont pas précisé quelles marques ou substances dans les liquides des cigarettes électroniques étaient susceptibles d'avoir causé les problèmes respiratoires observés. Mais un dénominateur commun fréquent des malades est qu'ils avaient "vapoté" des produits contenant du THC, la substance active du cannabis. C'était le cas d'au moins une des deux victimes dont les décès ont été annoncés vendredi après-midi par les autorités sanitaires locales en Californie et dans le Minnesota. Toutes deux étaient également relativement âgées et en mauvaise santé. Un autre décès a été confirmé dans l'Indiana, après l'Oregon et l'Illinois.




La vitamine E suspectée dans les maladies liées au "vapotage"

Un possible lien a été établi entre certains malades et une huile de vitamine E, qui se consomme normalement en gélule ou en huile pour la peau. La vaporisation à haute température de cet additif pourrait avoir endommagé les poumons des "vapoteurs". Mais les responsables sanitaires de l'État fédéral ont appelé à la prudence dans l'attente d'analyses plus complètes. 

"Aucune substance ou molécule unique, dont l'acétate de vitamine E, n'a été identifiée dans l'ensemble des échantillons analysés", explique Mitch Zeller, directeur du centre pour le tabac de la Food and Drug Administration, qui teste au niveau national les produits impliqués. "Nous n'avons pas encore toutes les réponses", a renchéri Ileana Arias, responsable des maladies non-infectieuses aux Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Par mesure de précaution, les CDC recommandent dans l'immédiat de ne pas utiliser de cigarettes électroniques, quelles qu'elles soient.

"Je n'avais jamais vu cela" 

Les problèmes respiratoires sont d'autant plus choquants qu'ils apparaissent subitement, chez des patients souvent jeunes et sans problème de santé. Dans l'Illinois, la moitié des malades avait moins de 19 ans. Les symptômes correspondaient souvent à une pneumonie lipidique, qu'on observe quand des huiles pénètrent les poumons.

Sean Callahan, pneumologue à l'hôpital de l'université de l'Utah, a traité l'un de ces malades en juillet, âgé de 20 ans. La détresse respiratoire était telle que le jeune homme a dû être placé plus d'une semaine dans une machine qui oxygène le sang du patient hors de son corps, tant ses poumons n'arrivaient plus à fonctionner.

"Je n'avais jamais vu cela auparavant", a raconté le docteur Callahan à l'AFP. "D'habitude, les malades qui ont besoin de cette machine ont des formes très avancées de grippe ou de pneumonie, ou bien ils ont des systèmes immunitaires affaiblis à cause d'un cancer ou d'une chimiothérapie". Le jeune homme s'en est finalement sorti et est rentré chez lui, mais n'est pas à l'abri d'éventuelles séquelles.
 

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