Au moins 8 morts dans des violences au Nicaragua

Chargement en cours
A l'intérieur de la maison incendiée d'une famille dont six membres ont péri à Managua, le 16 juin 2018
A l'intérieur de la maison incendiée d'une famille dont six membres ont péri à Managua, le 16 juin 2018
1/2
© AFP, INTI OCON

AFP, publié le samedi 16 juin 2018 à 23h14

Au moins huit personnes ont été tuées samedi à Managua, selon la police, portant à plus de 178 le nombre de morts depuis le début des protestations antigouvernementales il y a deux mois au Nicaragua.

Six des nouvelles victimes sont des membres de la même famille dont le domicile a été incendié par un groupe d'hommes cagoulés qui ont lancé un cocktail molotov, et deux autres ont été attaquées alors qu'elles dégageaient une barricade dressée sur une route, a indiqué la police dans un communiqué.

L'opposition exige depuis deux mois le départ du président Ortega, 72 ans, "héros" de la révolution sandiniste qui a dirigé le pays de 1979 à 1990 après avoir évincé le dictateur Anastasio Somoza et qui est revenu au pouvoir depuis 2007.

Vendredi, le gouvernement et l'opposition ont trouvé un accord autorisant des observateurs des droits de l'homme à venir enquêter sur les violences.

Les représentants de l'opposition ont de leur côté accepté une demande clef du pouvoir du président Daniel Ortega : un plan visant à lever les blocages qui entravent les routes pour empêcher les forces anti-émeutes de passer, selon la conférence épiscopale, médiateur dans le conflit.

Son président, le cardinal Leopoldo Brenes, a indiqué que l'Eglise catholique avait demandé à Daniel Ortega d'avancer les prochaines élections générales à 2019, deux ans avant l'échéance prévue.

Le président n'a pas accédé à la demande, se contentant de répondre: "Nous réitérons notre volonté totale d'écouter toutes les propositions entrant dans un cadre institutionnel et constitutionnel".

Le Nicaragua a basculé dans le chaos après la répression le 18 avril des manifestations contre l'insécurité sociale. 

Des opposants ont dressé des barricades sur plus des deux tiers des routes du pays afin d'empêcher les forces anti-émeutes de passer. 

Ces barrages routiers perturbent la livraison de marchandises et minent la commerce régional. 

Si la crise se prolonge, l'ardoise pour le pays pourrait dépasser les 900 millions de dollars, selon la Fondation nicaraguayenne pour le développement social et économique (Funides), qui calcule que le Nicaragua pourrait perdre jusqu'à 150.000 emplois d'ici la fin de l'année.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU