Au Bangladesh, le viol sera passible de la peine de mort

Au Bangladesh, le viol sera passible de la peine de mort
Des étudiants protestent contre l'arrestation de quatre de leurs dirigeants alors que se poursuivent des manifestations contre les violences sexuelles envers les femmes, le 12 octobre 2020 à Dacca, au Bangladesh

, publié le mardi 13 octobre 2020 à 20h13

Le Bangladesh va rendre le viol passible de la peine de mort, après une série d'agressions sexuelles qui suscitent depuis plusieurs jours des manifestations indignées dans tout le pays, a annoncé lundi le gouvernement.

Un décret en ce sens amendant la peine maximale prévue pour viol, jusqu'alors la prison à perpétuité, a été approuvé lors d'une réunion de cabinet par la Première ministre Sheikh Hasina, sous pression y compris de membres de son propre parti.

Le président va promulguer le décret "qui prend effet demain" mardi, a déclaré à l'AFP le ministre de la Justice Anisul Huq.

Ces derniers jours, des manifestations se sont multipliées, à Dacca et dans d'autres villes pour réclamer la fin de ce qui est perçu comme une culture d'impunité, après la diffusion d'une vidéo devenue virale montrant plusieurs hommes déshabillant et attaquant une femme d'une communauté défavorisée. Une petite proportion seulement des victimes de viol obtient justice, selon des militants des droits des femmes.

La colère couvait depuis la semaine précédente après l'arrestation de plusieurs membres de l'aile étudiante du parti au pouvoir, accusés du viol collectif d'une femme dans la ville de Sylhet (Nord).

Certains manifestants ont lancé des appels à la démission de Mme Hasina, démonstration inhabituelle de défiance dans un pays où de telles critiques ouvertes du gouvernement sont rares.

Les manifestations se sont poursuivies lundi à Dacca, rassemblant des centaines de personnes malgré de fortes pluies de mousson. L'arrestation de quatre dirigeants étudiants durant le week-end a renforcé le mécontentement des manifestants.

Le Bangladesh (168 millions d'habitants) exécute régulièrement des condamnés malgré les critiques des groupes de défense des droits de l'homme. Depuis 2013, 23 personnes ont été pendues et le nombre de personnes attendant leur exécution s'élève à 1.718 au moins, selon un groupe militant local.

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