Attentat de Stockholm : l'accusé voulait tuer des "infidèles" pour venger le "califat"

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 L'Ouzbek Rakhmat Akilov lors de son procès, le 14 février 2018 à Stockholm

L'Ouzbek Rakhmat Akilov lors de son procès, le 14 février 2018 à Stockholm

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© AFP, Fredrik SANDBERG, TT News Agency

AFP, publié le mardi 20 février 2018 à 18h40

Le demandeur d'asile ouzbek qui a revendiqué l'attentat au camion-bélier ayant fait cinq morts en avril 2017 à Stockholm a assuré mardi devant la Cour, au troisième jour de son procès pour terrorisme, n'avoir bénéficié d'aucune complicité active, malgré de nombreux contacts avec des hommes du "califat islamique" sur des messageries cryptées.

Rakhmat Akilov est jugé pour avoir lancé à vive allure un camion de livraison volé dans une rue piétonne et commerçante très fréquentée de Stockholm le 7 avril 2017, à une heure de forte affluence.

Trois Suédoises, dont une fillette de 11 ans, un Britannique et une Belge avaient été tués, et dix autres passants blessés.

Cet Ouzbek de 40 ans, ouvrier du bâtiment qui avait été débouté de sa demande d'asile en Suède, avait prêté allégeance au groupe État islamique (EI).

Bien que l'organisation jihadiste n'ait jamais émis de revendication, Rakhmat Akilov - pantalon vert et veste polaire sur le dos - a de nouveau affirmé mardi avoir reçu le feu vert de "personnes" de l'EI présentes au sein du "califat", en Afghanistan notamment.

En mars, il prend ainsi des photos à plusieurs endroits du lieu où il commettra l'attentat. 

"Pourquoi ces photos?", lui demande le procureur.

"Pour les envoyer à des amis de l'EI".

"Pour qu'ils approuvent un attentat? sur ces lieux?"

"Oui", rétorque Akilov.

L'étude de son téléphone portable a révélé de nombreux contacts avec des interlocuteurs étrangers sur des messageries cryptées, sans que les enquêteurs aient pu les identifier.

Akilov affirme ne pas connaître leur véritable identité et n'en avoir jamais rencontré aucun, pas même en Turquie lorsqu'il s'y rend, en novembre 2014, dans l'espoir de passer en Syrie et de rejoindre le "califat" pour "y vivre selon les préceptes de l'Islam".

L'enquête n'a pas non plus permis de déterminer s'il a bénéficié d'une aide matérielle ou financière en Suède. Seul mis en cause dans cette affaire, il encourt la prison à vie pour acte terroriste et tentative d'acte terroriste.

Ces contacts virtuels sont "importants pour savoir s'ils ont été nécessaires à la mise en oeuvre de son projet", a commenté après l'audience le procureur Hans Ihrman.

"Notre conclusion est qu'ils n'ont pas été déterminants", même s'ils ont pu constituer une forme de "soutien", a-t-il ajouté.

- Mourir en martyr -

Akilov a expliqué en russe devant le tribunal avoir agi dans le but de voir la Suède "arrêter sa participation dans la lutte contre le califat et qu'elle cesse d'envoyer ses soldats dans les zones de guerre".

Selon son avocat, Johan Eriksson, l'accusé avait l'intention de mourir lors de l'attentat, abattu par la police ou tué par une bombe artisanale trouvée dans la cabine du camion. Des bouteilles de gaz se sont enflammées sans exploser.

Akilov entendait "combattre l'ennemi (...) avec les mêmes moyens qu'il utilise pour nous combattre", a-t-il déclaré devant la Cour, d'une voix assez faible mais assurée. "Par l'explosion, je serais mort en martyr", a-t-il ajouté. 

Rakhmat Akilov s'était enfui mais avait été arrêté quelques heures plus tard. Il avait reconnu sa responsabilité dès son premier interrogatoire, et plaidé coupable dès l'ouverture du procès, le 13 février.

"J'ai ainsi agi car mon coeur et mon âme souffrent pour les victimes des bombardements de la coalition de l'OTAN", a-t-il déclaré mardi.

"Est-ce un attentat réussi, selon vous?", lui demande encore le procureur.

- "Non".

- "Pourquoi?".

- "Parce que j'y ai survécu".

- Absence de regrets -

Après avoir été débouté par l'Office des migrations en juin 2016, Rakhmat Akilov était entré en clandestinité pour éviter son expulsion.

Père de quatre enfants, consommateur d'alcool et de stupéfiants selon des collèl'accgues ou connaissances, il vivait seul en Suède, sans sa famille. Il a affirmé aux enquêteurs avoir vécu ses derniers temps de liberté dans une tente, sur un "camp de Roms".

"Jusqu'à présent, c'est évident que nous avons affaire à une personne convaincue de la grandeur de son acte", a indiqué Gustaf Linderholm, avocat de 13 rescapés, à l'AFP.

Sa défense et les conseils des parties civiles devaient succéder au ministère public pour l'interroger mercredi.

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14 commentaires - Attentat de Stockholm : l'accusé voulait tuer des "infidèles" pour venger le "califat"
  • il voulait simplement tuer des infidèles car sauf erreur la suède ne fait pas parti de la coalition contre l'EI
    des dizaines de milliers ont la meme optique et il en arrive des milliers tous le jours
    on oublie qu'il y a rien qu'en France 18 milles fichés S et qu'il en arrive tous les jours de l'EI

    Vivarais
    Dans ces fameux fichés S, nous trouvons aussi des membres de l'extrême droite.....
    Vous essayez comme à votre habitude de faire passer tous les fiché S pour de dangereux terroristes islamistes ce qui est loin d'être le cas. Votre parti a besoin de faire peur pour exister......

  • Proverbe Espagnol : "Si tu nourris un corbeau, il te crèvera les yeux".

  • La police n'a pas fait son boulot, elle aurait du l'abattre

  • combien de dizaines de milliers veulent faire de meme en Europe pour venger le califat

    des milliers

    lance rien qu'en France il y a 18 milles fichés S

    Mais quel est la répartition parmi ces "fichés S", vivarais ? Lancer un nombre sans plus de précision ne veut pas dire grand chose...

    18000 "fichés S" qui ne veulent pas forcément venger le califat d'ailleurs...

    Vivarais
    Parmi ces fiché S, vous avez aussi des membres de l'extrême droite mais curieusement, vous oubliez de le préciser.
    Encore une fois, ne faites pas l'amalgame entre fichés S et terroristes islamistes......

    vous avez raison DQR33 mais la proportion de ceux qui cherchent à commettre des actions violentes soit directement ou en apportant une aide est plus que majoritaire
    de meme que le fait que le nombre de fichés S soit passé de 5 milles à 18 milles est pour une forte proportion due à la radicalisation de ceux ci

    Vivarais
    Vous avez donc accès au fichier des fichés S pour vouloir être si précis....
    Je dois vous rappeler que ces informations sont confidentielles et que leur divulgation est passible de prison.......

  • Que faisait-il dans ce pays ? L'Ouzbekistan n'est pas un pays en guerre. Donc réfugié économique qui aurait dû être renvoyé dans son pays.

    peut-être pas QUE économique.