Attentat contre un centre éducatif de Kaboul: au moins 18 morts

Attentat contre un centre éducatif de Kaboul: au moins 18 morts
Sur les lieux de l'attentat-suicide visant un centre éducatif, à Kaboul, le 24 octobre 2020

, publié le samedi 24 octobre 2020 à 18h13

Au moins 18 personnes ont été tuées dans un attentat suicide commis samedi contre un centre éducatif de Kaboul, a annoncé le ministère afghan de l'Intérieur.

L'explosion s'est produite en fin d'après-midi près d'un établissement proposant des formations pour étudiants, dans un district de l'ouest de la capitale, a déclaré Tareq Arian, porte-parole du ministère.

"Un kamikaze qui voulait entrer dans le centre éducatif a été identifié par des gardes. Il s'est fait exploser dans l'allée menant au centre, avant de pouvoir y entrer", a-t-il détaillé.

Au moins dix-huit personnes ont été tuées et 57 blessées, a indiqué M. Arian, qui avait précédemment fait état de 13 morts et 30 blessés.

Les talibans, via leur porte-parole Zabihullah Mudjahid, ont tweeté n'avoir "aucun lien" avec l'attentat.

Une vidéo prise sur les lieux de l'attaque et diffusée sur les réseaux sociaux montre plusieurs cadavres recouverts de couvertures gisant dans une rue en terre, alors que des blessés sont transportés hors des lieux.

Un employé du centre a confirmé que l'explosion était survenue dans le parking de l'établissement.

"J'étais à 100 mètres du centre quand une explosion m'a projeté à terre. Il y avait de la poussière et de la fumée partout autour de moi", a raconté à l'AFP Ali Reza, un habitant du quartier, ajoutant que "toutes les victimes sont des étudiants qui attendaient d'entrer" dans l'établissement.

L'ouest de Kaboul est majoritairement peuplé de Hazaras, une ethnie presque uniquement chiite, régulièrement ciblée par le groupe Etat islamique.

Mi-mai, des hommes armés avaient fait un carnage dans une maternité de la zone, tuant 18 personnes, dont des mères prêtes à accoucher et des infirmières. L'assaut n'avait pas été revendiqué.

L'Afghanistan connaît une montée de la violence, alors que les talibans et le gouvernement de Kaboul ont entamé en septembre des pourparlers à Doha visant à mettre fin à des décennies de guerre, pour l'instant sans grandes avancées.

Plus tôt dans la journée, neuf personnes ont été tuées par l'explosion d'une bombe au passage d'un car dans l'est du pays, selon des responsables locaux qui ont accusé les talibans.

Vendredi, Amnesty international a déploré au moins 50 morts la semaine précédente dans plusieurs attaques, accusant Kaboul et les insurgés de ne pas protéger suffisamment les civils.

"Le monde doit prendre en considération" le fait que "les civils afghans sont massacrés quotidiennement", a déclaré Omar Waraich, son responsable en Asie du sud.

"La communauté internationale doit faire de la protection des civils une demande centrale pour son soutien du processus de paix", a-t-il poursuivi.

Le 16 octobre, l'émissaire américain pour l'Afghanistan, Zalmay Khalilzad, avait déclaré que les Etats-Unis étaient parvenus à une entente avec les talibans pour arriver à "une baisse significative" du nombre de morts dus à la violence persistante malgré le processus de paix.

"Les attaques ont augmenté ces dernières semaines, menaçant le processus de paix", avait tweeté le diplomate, appelant "toutes les parties" à tenir leurs engagements.

Kaboul demande depuis des années un cessez-le-feu aux talibans, que ceux-ci refusent d'envisager, craignant de perdre l'un de leurs leviers les plus importants dans le cadre de négociations.

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