"Attentat" contre Maduro: la justice poursuivra ceux qui "conspirent contre la paix"

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Les membres de la milice bolivarienne du Venezuela et les militants pro-gouvernement manifestent leur soutien au président Nicolas Maduro lors d'un rassemblement devant le palais présidentiel à Caracas, le 6 août 2018
Les membres de la milice bolivarienne du Venezuela et les militants pro-gouvernement manifestent leur soutien au président Nicolas Maduro lors d'un rassemblement devant le palais présidentiel à Caracas, le 6 août 2018
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© AFP, Federico PARRA

AFP, publié le mardi 07 août 2018 à 00h31

La justice vénézuélienne a promis lundi de poursuivre tous ceux qui "conspirent contre la paix" après l'"attentat" dont dit avoir été victime le président Nicolas Maduro, lequel n'est finalement pas réapparu en public.

Une marée rouge de partisans du gouvernement avec des portraits du chef de l'Etat a défilé jusqu'au palais présidentiel de Miraflores. Contrairement à ce qui était annoncé, M. Maduro ne s'est pas montré à l'arrivée du cortège. 

"Nous sommes venus soutenir le président après l'attaque terroriste dont il a été la cible", a déclaré à l'AFP Francisca Harvey, 53 ans, alors qu'elle se dirigeait vers l'estrade où l'on pouvait lire en grand "Maduro pour longtemps".

De là, le numéro deux du camp présidentiel, Diosdado Cabello, a mis en garde contre les conséquences d'un éventuel homicide du président: "Ne pensez pas, messieurs de la bourgeoisie, des partis d'opposition, que vous pourriez gouverner un seul instant. Le Venezuela serait à feu et à sang!"

Samedi, deux drones, chargés chacun d'un kilo de C4, un puissant explosif militaire, ont explosé à proximité de la tribune présidentielle lors d'une cérémonie militaire, selon les autorités vénézuéliennes. 

Rapidité de la réponse des forces de l'ordre, contradictions dans les déclarations des autorités et éventuelles manipulations : cette affaire soulève de nombreuses questions.  

M. Maduro affirme régulièrement être la cible de complots en tous genres que ses services de sécurité parviendraient à déjouer.  

- "Connexions internationales" - 

Un peu plus tôt, lors d'une conférence de presse, le procureur général du Venezuela Tarek William Saab a mis en garde contre toute nouvelle tentative de viser le gouvernement. 

La justice "poursuivra dans le cadre de la loi ceux qui conspirent contre la paix civile (...). Que ces faits servent, une fois pour toutes, à mettre un terme à toute tentative de porter atteinte à la paix de façon violente", a-t-il déclaré.

Le magistrat a qualifié l'incident de samedi de "tentative de magnicide" et de "tentative de massacre". 

M. Saab a confirmé que deux hommes avaient été arrêtés "en flagrant délit" alors qu'ils pilotaient un des drones depuis un véhicule à proximité de l'évènement, dans le centre de Caracas. Cet engin a explosé après avoir heurté un immeuble, selon les autorités. 

Contrairement à ce qu'il avait annoncé dimanche, le procureur général n'a pas révélé les identités des personnes interpellées.

Pour l'heure, six personnes ont été arrêtées dans cette affaire, d'après le ministre de l'Intérieur Néstor Reverol. 

"On sait d'où ont été pilotés les drones, des preuves y ont été recueillies (...) Tous les auteurs des faits ont été identifiés ainsi que leurs complices", a ajouté le magistrat. 

M. Saab a également assuré, sans plus de précisions, que les personnes "qui ont fabriqué les engins" explosifs ont également été identifiées et "les premières connexions internationales ont été établies". 

- Complots - 

A Bogota, le gouvernement colombien a qualifié d'"absurde" l'accusation portée contre le président Santos. "Il y a une autre (accusation) encore plus insolite: selon laquelle je serais de mèche avec le renseignement américain, avec la droite vénézuélienne, à ourdir des complots pour assassiner le président du Venezuela. Voyons !", a déclaré lundi ce dernier.

Peu après les faits, M. Maduro a mis en cause son homologue colombien, qui doit passer les rênes du pouvoir mardi à son successeur Ivan Duque (droite). Evoquant aussi des "financiers" non identifiés qui résideraient aux Etats-Unis, il a également mis en cause "l'ultra-droite", se référant ainsi à l'opposition vénézuélienne.

Un mystérieux groupe rebelle, baptisé "Mouvement national des soldats en chemise", jusque là inconnu, a revendiqué l'action dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux.

Les Etats-Unis, qui entretiennent des relations très tendues avec le Venezuela, ont aussi nié toute implication. 

De son côté, l'opposition a exprimé son inquiétude devant la fermeté des avertissements des autorités après l'incident, craignant une nouvelle vague de répression. Selon les adversaires de Maduro, le pays compte 248 "prisonniers politique".

C'est une "tentative de criminaliser ceux qui s'opposent légitimement et démocratiquement et de renforcer la répression", a dénoncé la plateforme d'opposition du Frente Amplio.

L'incident est survenu dans un contexte social et politique tendu. Au Venezuela, tous les voyants économiques sont au rouge depuis des années. L'inflation pourrait atteindre 1.000.000% fin 2018, selon le Fonds monétaire international (FMI), alors que le PIB devrait s'effondrer de 18%.

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