Attaque jihadiste aux Philippines: les habitants de Marawi reviennent dans les ruines

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 Des habitants de Marawi, aux Philippines, sur ce qui reste de leur maison détruite par les cinq mois de bataille entre armée et jihadistes de l'EI, alors qu'ils ont été autorisés à revenir dans la ville pour la première fois, le 1er avril 2018

Des habitants de Marawi, aux Philippines, sur ce qui reste de leur maison détruite par les cinq mois de bataille entre armée et jihadistes de l'EI, alors qu'ils ont été autorisés à revenir dans la ville pour la première ...

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© AFP, TED ALJIBE

AFP, publié le dimanche 01 avril 2018 à 12h25

Il y a près d'un an, ils avaient fui des combats meurtriers avec des jihadistes ayant prêté allégeance à l'organisation Etat islamique(EI). Dimanche, les habitants de Marawi, grande ville du sud des Philippines, sont revenus voir les ruines de leur ancien chez eux.

Des quartiers entiers de la ville avaient été rasés durant des affrontements maison par maison qui avaient duré cinq mois avant que les forces philippines soutenues par les Etats-Unis ne parviennent à venir à bout des islamistes.

Les combats avaient commencé le 23 mai quand des centaines de jihadistes philippins et étrangers brandissant le drapeau noir de l'EI avaient tenté de prendre le contrôle de Marawi, utilisant des civils comme boucliers humains. Cette attaque fut analysée comme une tentative pour créer en Asie du Sud-Est un califat inspiré du territoire alors contrôlé par l'EI en Irak et en Syrie.

Pour la première fois depuis la fin des combats en octobre, environ 7.000 habitants du principal théâtre des affrontements ont été autorisés à rentrer chez eux pour tenter de sauver ce qui peut l'être.

Les combats avaient fait près de 1.200 morts tandis que les 200.000 habitants de Marawi, la principale ville musulmane d'un archipel à majorité catholique, avaient pris la fuite pour avoir la vie sauve.

Les combats les plus durs ont eu lieu dans l'ancien  quartier d'affaires, dans l'est de la cité qui ressemble désormais à une ville fantôme. La zone, où vivaient 10.000 personnes, a été baptisée "Ground Zero (point zéro)".

Les habitants de "Ground Zero" ont visité ce qui reste de leur logement à leurs risques et péril en raison de la présence de bombes n'ayant pas explosé.

- "Douleur" -

En larmes, ils récupéraient dans les ruines des meubles noircis et des jouets cassés.

"J'ai pleuré de colère et de douleur", a déclaré à l'AFP Samsida Mangcol, 44 ans, à la vue des ruines de son ancien magasin de robes de mariées.

L'inscription "J'aime ISIS (acronyme anglais de l'EI)" a été peinte à la bombe sur un mur, ajoute-t-elle.

"Avant, je louais des vêtements aux gens mais je suis devenue une mendiante qui doit demander à sa famille de quoi manger et se vêtir", dit cette mère de trois enfants, une robe de mariée irrécupérable entre les mains.

Les rues sont jonchées de détritus, de bouts de métal tordu, de carcasses de voitures trouées de balles.

"Notre maison était neuve quand on est partis. Nous avions tout préparé pour le ramadan", explique Maimona Ambola, une mère de sept enfants âgée de 44 ans. "Une bombe a tout détruit. Notre lit a été réduit en cendres".

D'après le colonel Romeo Brawner, commandant adjoint des forces de l'armée déployées à Marawi, cette zone comprend encore 53 bombes encore intactes. Elle peuvent peser jusqu'à 226 kilogrammes et avaient été larguées par l'armée de l'air pendant son offensive pour reprendre la ville. 

Les jihadistes ont également laissé derrière eux des explosifs.

"Nous n'avons pas les équipements pour déterrer les bombes. Par exemple, il nous a fallu dix jours pour récupérer une bombe parce que nous avons dû creuser sur 10 mètres de profondeur et 10 mètres de diamètre", a-t-il dit à l'AFP, expliquant que l'armée voulait avoir fini la sécurisation des lieux d'ici le mois de juin.

Pendant un mois, les habitants de "Ground Zero" pourront rentrer chez eux par groupes avant que les autorités ne lancent des travaux de reconstruction.

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