Arménie: près de 200 manifestants anti-Sarkissian interpellés

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Des policiers arméniens interpellent un manifestant de l'opposition à Erevan, le 20 avril 2018
Des policiers arméniens interpellent un manifestant de l'opposition à Erevan, le 20 avril 2018
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© AFP, Karen MINASYAN

AFP, publié le vendredi 20 avril 2018 à 14h58

Plus de 180 manifestants ont été interpellés par la police vendredi en Arménie alors qu'ils tentaient de bloquer des rues de la capitale Erevan, au huitième jour des protestations contre la nomination de l'ex-président Serge Sarkissian au poste de Premier ministre.

Arborant des drapeaux arméniens ou des pancartes "Sarkissian est un dictateur", des centaines de manifestants ont défilé dans les rues d'Erevan, tentant de bloquer la circulation en s'allongeant sur la chaussée. La police a indiqué avoir procédé à plus de 180 interpellations.

Des manifestants ont également tenté de bloquer l'artère principale de la deuxième ville du pays, Gumri.

"Nous respectons le droit des citoyens à se rassembler, mais nous excluons la possibilité d'une démission du Premier ministre", a indiqué aux journalistes le porte-parole du Parti républicain au pouvoir, Edouard Charmazanov.

Dans un communiqué, l'ONG Human Rights Watch a condamné les "arrestations arbitraires" des manifestants en Arménie.

Des milliers de personnes participent depuis plus d'une semaine à des actions de protestation dans plusieurs villes d'Arménie, à l'appel du député et leader de l'opposition Nikol Pachinian qui a proclamé le "début d'une révolution de velours" en Arménie et prôné une campagne nationale de "désobéissance civile".

"Le mécanisme que nous utilisons est celui de la désobéissance pacifique", a déclaré M. Pachinian à l'AFP.

"La révolution de velours, ce n'est pas une demande adressée aux autorités mais une action du peuple, qui veut que toutes les instances de l'Etat cessent d'obéir à Serge Sarkissian et passent du côté du peuple, y compris la police", a-t-il ajouté.

D'importants effectifs policiers ont été déployés et les interpellations se sont multipliées ces derniers jours.

Les protestataires accusent Serge Sarkissian, qui vient d'achever son deuxième et dernier mandat présidentiel, de vouloir rester au pouvoir à vie après s'être fait élire mardi Premier ministre par les députés. Une révision constitutionnelle controversée a donné l'essentiel du pouvoir au Premier ministre.

Jusqu'à présent, la manifestation la plus importante a eu lieu mardi dernier, avec quelque 40.000 personnes à Erevan. Il s'agissait de la plus grande manifestation de ces dernières années dans ce petit pays du Caucase.

Serge Sarkissian, un ancien officier de l'armée, occupait le poste de chef de l'Etat depuis 2008 après avoir déjà été Premier ministre en 2007-2008.

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