Arménie: la contestation se poursuit, Moscou commence à s'imposer comme médiateur

Arménie: la contestation se poursuit, Moscou commence à s'imposer comme médiateur
Des Arméniens partisans de l'opposition manifestent à Erevan mercredi 25 avril 2018

AFP, publié le jeudi 26 avril 2018 à 10h47

La contestation anti-gouvernementale se poursuivait jeudi en Arménie, à l'appel de l'opposant Nikol Pachinian, qui exige une "capitulation" du parti au pouvoir, alors que la Russie, jusqu'ici à l'écart de la crise, commence à s'imposer comme médiateur. 

Le vice-Premier ministre arménien, Armen Guevorkian, s'est rendu jeudi à Moscou pour des "consultations de travail" et devait revenir en Arménie dans la soirée, a indiqué à l'AFP un porte-parole du gouvernement arménien, sans plus de précisions.

Le chef de la diplomatie arménienne, Edouard Nalbandian, était également à Moscou jeudi pour des consultations, selon une source diplomatique citée par l'agence de presse russe Interfax.

Cette annonce intervient alors que le président russe Vladimir Poutine s'est entretenu mercredi au téléphone avec son homologue arménien Armen Sarkissian, les deux hommes appelant "toutes les forces politiques (d'Arménie) à faire preuve de retenue et de responsabilité".

Pour sa part, le député et opposant de longue date, M. Pachinian qui a mobilisé depuis le 13 avril des dizaines de milliers de personnes pour des protestations contre le Premier ministre Serge Sarkissian et son Parti républicain dans la capitale Erevan, a été reçu mercredi à l'ambassade de Russie dans cette ex-république soviétique du Caucase du Sud, selon un communiqué de la mission diplomatique russe.

"La partie russe a appelé les organisateurs des manifestations et des défilés à un dialogue constructif avec les autorités en place et les autres forces politiques", précise le communiqué, en soulignant que "la situation doit être réglée uniquement dans le cadre du champ constitutionnel et dans l'intérêt des tous les citoyens d'Arménie".

Jusqu'ici, la Russie, qui absorbe environ un quart des exportations arméniennes et dispose d'une base militaire en Arménie, s'est tenue à l'écart de la crise qui a abouti lundi à la démission du Premier ministre Serge Sarkissian, après onze jours de contestation, le Kremlin soulignant qu'il s'agissait d'une "affaire intérieure arménienne".

Pour leur part, les manifestants arméniens protestant contre le parti au pouvoir s'apprêtaient jeudi à bloquer des routes et des rues à Erevan à l'appel de M. Pachinian, dont la candidature doit être proposée dans les prochains jours au poste de Premier ministre par le bloc d'opposition Yelk.

Une manifestation d'ampleur était également prévue dans l'après-midi sur la place de la République, au centre d'Erevan et haut lieu de la contestation anti-Sarkissian.

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