Argentine: l'ex-président Menem enterré avec les honneurs militaires

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La garde d'honneur porte le cercueil de l'ancien président argentin Carlos Menem lors de ses funérailles, le 15 février 2021 à Buenos Aires
La garde d'honneur porte le cercueil de l'ancien président argentin Carlos Menem lors de ses funérailles, le 15 février 2021 à Buenos Aires
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© AFP, CHARLY DIAZ AZCUE, Sénat argentin

, publié le mardi 16 février 2021 à 09h32

L'ancien président argentin Carlos Menem, décédé dimanche à l'âge de 90 ans, a été enterré lundi avec les honneurs militaires et selon le rite musulman, tandis que l'Argentine observait trois jours de deuil national.

Les funérailles de l'homme politique, à la tête du pays sud-américain de 1989 à 1999, ont eu lieu dans le cimetière musulman de Buenos Aires, où est enterré son fils Carlos, mort en 1995 dans accident d'hélicoptère qui n'a jamais été élucidé. 

"Il va reposer au cimetière musulman avec mon frère, bien qu'il ait été de religion catholique", avait déclaré dimanche sa fille, Zulemita.

La dépouille de l'ancien chef d'Etat a été veillée dès dimanche soir au Parlement argentin, où il occupait un siège de sénateur depuis 2005. 

Carlos Menem avait été hospitalisé plusieurs fois ces derniers mois en raison de divers problèmes de santé. Il est décédé d'une crise cardiaque. 

Le décès de l'ancien président, qui a profondément marqué l'Argentine au cours de ses deux mandats, en raison de ses politiques néolibérales opposées à la doctrine classique du péronisme, a suscité des réactions contrastées dans le pays. 

"Il faut reconnaître sa valeur et son soutien de toujours à la démocratie", a déclaré dimanche le président péroniste de gauche Alberto Fernandez. 

Son prédécesseur de droite Mauricio Macri (2015-2019) a salué une "bonne personne".

"La chose la plus grave qu'il ait faite a été de gracier les meurtriers de nos enfants" a réagi de son côté Hebe de Bonafini, président de l'association des Mères de la place de Mai, en référence à l'amnistie présidentielle octroyée aux criminels de la dictature (1976-1983). L'ONG tente de retrouver les enfants enlevés par des militaires pendant cette période.

L'amnistie avait été annulée par le président Néstor Kirchner (2003-2007), conduisant à la condamnation par la justice d'un millier de personnes. 

"Il est mort comme il a vécu : impuni", a estimé dans un communiqué l'association Mémoire active, qui regroupe les familles des victimes de l'attentat contre l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA) en 1994 à Buenos Aires, qui avait fait 85 morts. 

Carlos Menem, accusé d'avoir couvert l'attentat, avait finalement été acquitté dans cette affaire.  

En 2013, l'ex-président avait été condamné à sept ans de prison pour contrebande d'armes à destination de la Croatie et de l'Equateur, avant d'être absous en raison des lenteurs de la justice. 

Cinq ans après, il était condamné à trois ans de prison pour détournement de fonds, mais son immunité parlementaire l'avait protégé d'un emprisonnement.

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