Argentine : le sous-marin disparu entre dans la "phase critique"

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 Une photographie fournie par la marine argentine montrant le San Juan, amarré à Buenos Aires, le 18 novembre 2014

Une photographie fournie par la marine argentine montrant le San Juan, amarré à Buenos Aires, le 18 novembre 2014

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© AFP, Handout, ARGENTINE NAVY
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AFP, publié le mercredi 22 novembre 2017 à 02h40

Les recherches restaient infructueuses mardi soir dans l'Atlantique, au large des côtes argentines, pour retrouver le sous-marin San Juan qui entrait dans la "phase critique" de manque d'oxygène s'il ne peut remonter à la surface.

"Notre inquiétude va +crescendo+. Nous entrons petit à petit dans une phase critique. Aujourd'hui s'est achevé le sixième jour sur sept, où le pire scénario est envisagé : en immersion, dans l'impossibilité de sortir à la surface pour faire entrer l'air, et sans pouvoir renouveler l'oxygène.", a déclaré le porte-parole de la Marine argentine Enrique Balbi dans son dernier compte-rendu mardi soir. 

En immersion, le San Juan a une capacité en oxygène, pour ses 44 membres d'équipage, de sept jours et sept nuits. L'autonomie peut atteindre plusieurs semaines si le submersible peut remonter régulièrement pour renouveler l'air.

Favorisées par de meilleures conditions climatiques après plusieurs jours de tempête, les recherches se sont intensifiées mardi, avec plus de 4.000 effectifs d'une dizaine de pays participant aux opérations.

"Nous n'écartons aucune hypothèse", n'a cessé de répéter ces derniers jours le capitaine Balbi.

Jusqu'à présent, tous les possibles indices de présence du sous-marin se sont révélés de faux espoirs: mardi, la Marine a fait état de fusées éclairantes blanches aperçues d'un avion, avant de préciser que celles du San Juan étaient de couleur rouge ou verte.

Et le canot de sauvetage repêché dans des conditions difficiles n'appartenait pas non plus au sous-marin.

Lundi, deux autres pistes s'étaient évaporées: les experts avaient déterminé que les bruits détectés lundi par le sonar de deux navires ne provenaient pas du San Juan, ni les sept appels reçus samedi par des bases navales argentines, un temps considérés comme des appels de détresse du sous-marin.

- Soutien de Maradona -

La zone initiale de recherches, de 300 km de diamètre, a été quadrillée à 100%, mais les recherches ont été étendues à un périmètre de 1.000 km de long du nord au sud et de 4 à 600 km d'est en ouest.

"Nous continuons de faire tout notre possible, en déployant tous les moyens nationaux et internationaux disponibles pour les trouver au plus tôt", a assuré mardi le président argentin Mauricio Macri dans un communiqué.

La légende du football argentin Diego Maradona a lui aussi exprimé son soutien via Instagram: "Je crois que le plus important aujourd'hui est de sauver nos gars".

La Marine argentine a révélé lundi que le sous-marin avait signalé une avarie avant sa dernière communication, mais pas suffisamment grave pour déclencher une procédure d'urgence.

Quatorze navires et dix avions restaient mobilisés mardi pour les recherches, sur une vaste zone entourant la dernière position communiquée mercredi par le San Juan, à 430 km des côtes au sud-est du pays.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, le Brésil, le Chili et l'Uruguay participent aux recherches.

- En surface ou immergé? -

Une centaine de proches de l'équipage sont hébergés depuis jeudi à la base navale de Mar del Plata, port d'attache du San Juan.

"Les heures passent et l'inquiétude augmente. Le meilleur tranquillisant est l'information la plus précise", a estimé le psychiatre Enrique Stein, affecté à la cellule de soutien psychologique.

"Une lumière commence à briller, et puis elle s'éteint", confie Maria Morales, mère d'un marin, en référence aux espoirs déçus.

Les sauveteurs ignorent si le submersible de 65 mètres se trouve en surface, s'il dérive ou est encore motorisé et serait simplement privé de moyens de communication. Ils ne savent pas non plus s'il se trouve en immersion volontaire ou s'il a sombré.

Anticipant une éventuelle localisation du submersible, deux navires affrétés par l'US Navy devaient appareiller avec à bord du matériel de sauvetage susceptible d'être utilisé en eau profonde, au cas où le San Juan aurait sombré.

Selon le protocole, le San Juan aurait dû remonter à la surface ou activer une balise radio de détresse en constatant la rupture de contact avec sa base. 

Parti pour 35 jours, il effectuait une mission de surveillance entre Ushuaïa, à la pointe sud de l'Amérique, et Mar del Plata.

Le pire accident de sous-marin survenu dans le monde ces 30 dernières années avait eu lieu le 12 août 2000, quand le sous-marin russe à propulsion nucléaire Koursk avait sombré lors de manoeuvres en mer de Barents, causant la mort des 118 membres de son équipage.

 
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