Angleterre : Boris Johnson avance prudemment sur la route du déconfinement

Angleterre : Boris Johnson avance prudemment sur la route du déconfinement
(illustration)

, publié le lundi 22 février 2021 à 13h53

Le déconfinement sera "prudent" et "progressif" pour "ne pas annuler les progrès" accomplis et les "sacrifices" consentis, a prévenu le Premier ministre britannique.

C'est le pays européen le plus touché par la pandémie de covid-19 : plus de 120.000 morts et un système hospitalier au bord de la rupture. Mais après 6 semaines, le troisième confinement du Royaume-Uni commence a porter ses fruits.

De quoi permettre à Boris Johnson d'envisager, lundi 22 février, une sortie très progressive des mesures de restriction. Premier jalon : la réouverture des écoles le 8 mars.

Le Royaume-Uni s'était confiné pour la troisième fois début janvier face à une explosion de l'épidémie due à un variant plus contagieux apparu dans le Kent, qui a conduit les hôpitaux au bord de la submersion. Les effets du confinement et de la campagne de vaccination massive se faisant sentir, avec une baisse du nombre de cas, d'hospitalisations et de décès, Boris Johnson peut esquisser des mesures de déconfinement. Il les présentera au Parlement dans l'après-midi avant une conférence de presse dans la soirée.

Le gouvernement a d'ores et déjà, par la voix du secrétaire d'État à la vaccination Nadhim Zahawi, confirmé la réouverture des toutes les écoles anglaises le 8 mars. "C'est ambitieux mais c'est aussi prudent et fondé sur les données", a expliqué Nadhim Zahawi sur la BBC.

Puis à partir du 29 mars, rassemblements en extérieur limitées à six personnes ou deux foyers différents pourront être autorisés, selon le plan du gouvernement. Les magasins non essentiels les coiffeurs, les pubs, restaurants, cinémas et musée devront attendre.

"Prudent" et "progressif"

Le déconfinement sera "prudent" et "progressif", a prévenu Boris Johnson. "Notre priorité a toujours été de ramener les enfants à l'école, ce qui est crucial pour leur éducation ainsi que pour leur bien-être mental et physique", a déclaré le chef du gouvernement conservateur dans un communiqué. Il souhaite aussi permettre aux gens de "retrouver leurs proches en toute sécurité" après des mois d'isolement, en autorisant des retrouvailles à l'extérieur, où les risques de transmission sont jugés plus faibles. Boris Johnson a affirmé que toute décision serait prise en fonction des éléments scientifiques à sa disposition, et avec prudence "afin de ne pas annuler les progrès" accomplis et les "sacrifices" consentis.

Le gouvernement a déjà annoncé qu'à partir du 8 mars, les résidents de maisons de retraite pourront accueillir un visiteur à l'intérieur, sous réserve que celui-ci soit testé négatif au Covid-19 et porte un masque. 


La campagne de vaccination lancée en décembre bat son plein: un adulte sur trois a déjà reçu une première dose. D'ici mi-avril, les plus de 50 ans devraient tous avoir reçu une première dose de vaccin. Le gouvernement a promis que tous les adultes se verront proposer une première injection de vaccin anti-Covid d'ici fin juillet, avançant une échéance initialement fixée à septembre. Les scientifiques estiment que les vaccins apportent une protection trois semaines environ après avoir été injectés.

Certains secteurs économiques particulièrement touchés par la pandémie, comme l'hôtellerie-restauration, risquent de devoir patienter quelques semaines supplémentaires, au grand désespoir des propriétaires de pubs. "Le pub a toujours été plus qu'un simple endroit pour boire. C'est là que nous allons pour nous connecter, pour former une communauté", a défendu Emma McClarkin, directrice générale de la British Beer and Pub Association (BBPA), plaidant pour leur réouverture.

Au Royaume-Uni, chacune des quatre nations du pays décide de sa stratégie en matière de déconfinement. En  Écosse et au Pays de Galles, les écoles rouvrent progressivement à partir de lundi, en commençant par les plus petites classes de primaire.

Tout en se préparant à un déconfinement, le gouvernement a durci les contrôles aux frontières pour éviter l'importation de variants. Depuis lundi dernier, les résidents britanniques et citoyens irlandais arrivant en Angleterre en provenance de 33 pays classés en risque doivent observer dix jours de quarantaine dans un hôtel, à leurs frais.

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