Angela Merkel se prépare à un quatrième mandat difficile

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 La chancelière allemande Angela Merkel lors d'une conférence de presse à Berlin le 12 janvier 2018

La chancelière allemande Angela Merkel lors d'une conférence de presse à Berlin le 12 janvier 2018

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© AFP, Kay Nietfeld, dpa
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AFP, publié le samedi 13 janvier 2018 à 16h36

"La coalition des perdants": la formule fait florès en Allemagne pour désigner le prochain gouvernement qu'Angela Merkel se prépare à diriger. Car de fait, la chancelière part affaiblie à l'orée de son quatrième et sans doute dernier mandat.

L'alliance de principe conclue vendredi par son camp conservateur et les sociaux-démocrates du SPD à l'issue de cinq jours de tractations ouvre la voie vers la fin mars à la constitution de ce que le pays nomme une "grande coalition", entre les deux plus importants partis du pays.

"En fait de grande coalition, c'est une mini-coalition car ils ne représentent que 53% des électeurs" suite au scrutin législatif, relève le politologue allemand Karl-Rudolf Korte sur la chaîne ZDF. Une courte majorité.

Dans la précédente chambre des députés, les démocrates-chrétiens de la CDU d'Angela Merkel, leur allié bavarois CSU, ainsi que le SPD représentaient encore les deux-tiers des sièges.

Mais en septembre, les partis traditionnels ont été punis. La chancelière a certes remporté l'élection mais avec un des pires score depuis la guerre pour son mouvement (33%), tandis que le SPD chutait à 20,5%.

En cause: l'irruption de l'extrême droite avec près de 13% et le retour au Parlement du parti libéral sur un programme à droite toute.

- Perdants -

La SPD avait du reste à l'origine pris acte de la "sanction" des électeurs contre la précédente "grande coalition" (2013-2017) en proclamant vouloir une cure d'opposition. Avant de se résoudre à une volte-face devant l'impossibilité de former un gouvernement dans le pays.

Et les sympathisants socio-démocrates restent très circonspects, selon un sondage dévoilé samedi par l'hebdomadaire Der Spiegel: seuls 41,9% approuvent le nouvel accord avec les conservateurs. Plus largement, la future alliance rouge-noire n'enthousiasme que 35,8% des sondés, contre 49,7% qui la jugent "négative ou très négative".

L'opposition du coup s'en donne à coeur joie. "Les perdants de l'élection ont décidé de se retrouver", commente un des dirigeants de la gauche radicale, Dietmar Bartsch. 

Conservateurs et sociaux-démocrates, censés présenter des offres politiques concurrentes, ont déjà gouverné ensemble au cours de huit des douze dernières années. Ils s'apprêtent à en ajouter quatre de plus, avec le risque de favoriser un peu plus l'extrême droite de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD).

Une poursuite de cette alliance "va faire cadeau à l'AfD de nouveaux succès dans les élections régionales à venir" en permettant au parti de faire campagne sur le thème "blanc bonnet et bonnet blanc", met en garde samedi le politologue Werner Patzelt, dans le quotidien Handelsblatt.

Les trois présidents de partis qui ont négocié l'accord vendredi sont en outre tous affaiblis en interne. 

- Zénith dépassé ? -

Celui du SPD Martin Schulz est en sursis depuis sa débâcle aux législatives. Celui de la CSU bavaroise, Horst Seehofer, lui aussi appelé à un portefeuille ministériel à Berlin, vient d'être marginalisé dans son parti par une fronde d'opposants inquiets de la poussée de l'AfD.

Quant à la chancelière, même si aucun prétendant sérieux à sa succession ne s'est encore mis en avant, le débat en interne sur l'après-Merkel a commencé. Nombre de cadres de son mouvement appellent à un "rajeunissement" de la direction.

L'économie allemande est en pleine forme mais politiquement la chancelière a perdu des points après la crise des réfugiés. Et le vide gouvernemental en Allemagne depuis septembre ne l'a pas aidée.

Durant cette période, le chef de l'Etat français Emmanuel Macron a au contraire occupé l'espace sur le plan européen et international avec plusieurs initiatives diplomatiques remarquées.   

"En matière d'initiatives politiques sur l'Europe, la France mène actuellement 10 à 0, nous ne devrions pas laisser le score en l'état", regrettait récemment le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel.

"Si l'on observe sa popularité (en baisse, ndlr) et son aura dans l'opinion, on voit qu'Angela Merkel a dépassé son zénith", estime le professeur de sciences politiques Oskar Niedermayer.

Pourra-t-elle dans ces conditions aller au terme de son nouveau mandat de quatre ans? "Dans l'intérêt électoral de son parti, elle ne devrait pas", ajoute le politologue, en pariant sur un départ anticipé au bout de deux ans.

 
10 commentaires - Angela Merkel se prépare à un quatrième mandat difficile
  • le probleme en europe c est que nos gouvernants ne veulent pas admetre que les europeens ne veulent plus d emigration.la consequence en est la montee reguliere des extremes et un jour on gagnera le cocotier ..............ils gagneront les elections et il sera trot tard pour pleurer

    Le vrai problème en Europe, qui n’a pas la puissance des Etats-Unis (qui peut parler d’une seule voix) et qui n’a pas le dollar comme monnaie, est que sa population ne veut pas comprendre que les systèmes sociaux (assurance chômage, maladie ou vieillesse), essentiellement basés sur la répartition, ne peuvent continuer de fonctionner que si le nombre de cotisants croit aussi vite que le nombre de bénéficiaires, à moins de réduire les prestations proportionnellement. Personne n’a envie de voir la durée d’indemnisation du chômage réduite ou sa retraite diminuer. Alors devant le déficit de natalité des 30 dernières années conjointement à l’augmentation de la durée de vie (situation qui est la plus dramatique en Allemagne justement), l’Europe n’a pas d’autre choix que de compenser le manque d’actifs par de l’immigration. Le défi consiste ensuite à les intégrer et à être en mesure de leur proposer du travail, ce qui n’est évidemment pas gagné. Mais en ouvrant les portes à des migrants, on oblige l’ensemble de la société à trouver des solutions. C’est là que se situe l’enjeu. Madame Merkel n’a pas d’autre alternative. Mais j’avoue que ce serait bien qu’elle l’explique aux gens.

  • A force de ne pas comprendre que les peuples des pays européens ne veulent plus des émigrés et de l'islam rampant, toute l'Europe sera dans quelques années élections après élections, à l'image de l'Autriche de la Pologne, gouvernée par l'extreme droite, y compris l'Allemagne et en France le triste Wauquiez a de beaux jours devant lui avec Marine

  • encore un assemblage de bric de broc de politiques (toujours les mêmes aussi d'ailleurs qui sont remis et de toute manière pour la kommandant..e Merkel c'est de toute manière le quatrième et dernier mandat (ca va faire plaisir au moins aux réfugiés migrants etc qui vont pouvoir affluer en plus grand nombre

  • sans son million son mandat serait plus facile !

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