Unis contre Trump, les démocrates exposent leur division entre modérés et progressistes

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Les quatre favoris de la primaire démocrate pour la présidentielle américaine lors d'un débat à Atlanta, en Géorgie, le 20 novembre 2019
Les quatre favoris de la primaire démocrate pour la présidentielle américaine lors d'un débat à Atlanta, en Géorgie, le 20 novembre 2019
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© AFP, SAUL LOEB

, publié le jeudi 21 novembre 2019 à 07h38

Modérés et progressistes se sont divisés mercredi lors du débat démocrate pour la présidentielle américaine, le jeune maire Pete Buttigieg, en pleine ascension, tentant de se présenter en rassembleur capable de regagner les électeurs qui ont été un temps séduits par Donald Trump.

Occupant la même voie modérée que l'ancien vice-président Joe Biden, favori dans les sondages, Pete Buttigieg a toutefois reconnu qu'il n'avait pas percé chez les Noirs, un électorat clé si les démocrates veulent battre le président républicain en 2020. 

Malgré leur union contre Donald Trump, menacé par une procédure de destitution, les quatre grands candidats ont nettement exposé leurs différends, MM. Biden et Buttigieg critiquant le programme plus à gauche des sénateurs Warren et Sanders.

Leurs projets de réforme vers un système universel de santé "ne sont pas la bonne approche pour rassembler les Américains", a lancé Pete Buttigieg, benjamin de la course âgé de 37 ans.

L'ancien vice-president de Barack Obama, Joe Biden, a lui martelé qu'"en ce moment, la vaste majorité des démocrates ne soutient pas" une telle réforme.

La sénatrice Elizabeth Warren a défendu ses propositions en affirmant que la meilleure façon de "rassembler" était de "construire une Amérique qui fonctionne pour tous, pas juste pour les riches". 

Tous portés par la volonté brûlante de battre le président républicain Donald Trump en novembre 2020, dix-sept candidats sont en lice pour l'investiture démocrate, dont dix d'entre eux débattaient en direct mercredi à la télévision.

Mais un peloton de tête s'est nettement dégagé ces derniers mois, avec en tête Joe Biden (30%), qui a fêté justement ses 77 ans mercredi, suivi d'Elizabeth Warren, 70 ans (18%) et de Bernie Sanders, 78 ans (17%), selon la moyenne établie par le site RealClearPolitics.

Premier candidat homosexuel ayant de réelles chances dans la course à la Maison Blanche, M. Buttigieg arrive en quatrième place avec seulement 8%. 

Mais il connaît depuis fin octobre une ascension fulgurante dans les sondages de l'Iowa, un Etat clé puisqu'il votera le premier le 3 février, et plus récemment dans le New Hampshire, qui suivra juste après (11 février).

Maire de South Bend, une ville de 100.000 habitants dans l'Indiana, cet ex-militaire était encore inconnu du grand public il y a un an.

"J'ai l'expérience nécessaire pour défier Donald Trump. Je sais bien qu'elle ne correspond pas à l'expérience traditionnelle de l'establishment à Washington", a-t-il ironisé. 

"Pour battre ce président, nous avons besoin de quelqu'un qui (...) vienne vraiment des endroits où il séduit", a-t-il ajouté en référence à son Midwest natal, fait de bassins ouvriers et régions rurales qui ont basculé en faveur du milliardaire Donald Trump en 2016 après des années de vote démocrate. 

- "J'accepte le défi" - 


Alors que le débat était organisé à Atlanta, en Géorgie, un Etat à forte population noire, M. Buttigieg a été interpellé sur son soutien très faible parmi les Noirs, qui votent en vaste majorité pour les démocrates. 

Après l'avoir critiqué cette semaine, la sénatrice noire Kamala Harris a déclaré que le parti démocrate ne pouvait plus les prendre pour acquis. 

"A un moment, les gens en ont marre qu'on les remercie juste parce qu'ils se mobilisent et disent, +à votre tour de vous mobiliser pour moi+", a-t-elle déclaré sous les applaudissements.

"J'accepte le défi de me rapprocher des électeurs noirs qui ne me connaissent pas encore", a réagi Pete Buttigieg. 

Puis, alors qu'il était venu au débat avec son époux, il a expliqué comment le fait de vivre dans un pays qui n'avait légalisé le mariage gay qu'en 2015, lui avait inculqué "l'obligation profonde d'aider ceux dont les droits sont remis en jeu tous les jours, même si leur expérience n'ont rien à voir avec les miennes". 

Ses échanges avec l'élue Tulsi Gabbard, une autre militaire, sur la politique étrangère ont donné les moments les plus vifs du débat. 

- Biden bafouille -

Le favori Joe Biden a bafouillé pour son entrée dans le débat, s'attirant les moqueries du fils de Donald Trump sur Twitter. Mais il a été plutôt épargné par ses rivaux. 

Malgré sa première place, il est menacé par les doutes concernant son âge et sa viabilité dans la course alors qu'il a été happé dans le scandale ukrainien qui vaut à Donald Trump la menace d'une destitution. 

Son nom est au coeur de cette procédure, les démocrates accusant le président républicain d'avoir abusé de ses pouvoirs présidentiels en demandant aux Ukrainiens une enquête sur les Biden.

Pour M. Biden, l'affaire démontre avant tout que "Donald Trump ne veut pas que je devienne le candidat". 

Favorable à la destitution, Bernie Sanders a mis en garde: "Nous ne pouvons pas être simplement obnubilés par Donald Trump car si nous le faisons, nous allons perdre l'élection".  

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