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Gaza: Israël reconnaît des victimes civiles "inattendues", cessez-le-feu précaire

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Des véhicules blindés israéliens sont stationnés près de la ville de Sderot, dans le sud d'Israël, à la frontière avec la bande de Gaza, le 14 novembre 2019
Des véhicules blindés israéliens sont stationnés près de la ville de Sderot, dans le sud d'Israël, à la frontière avec la bande de Gaza, le 14 novembre 2019
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© AFP, AHMAD GHARABLI

, publié le vendredi 15 novembre 2019 à 20h26

L'armée israélienne a reconnu vendredi des victimes civiles "inattendues" dans une de ses frappes visant plus tôt cette semaine le Jihad islamique à Gaza, où un accord de cessez-le-feu demeure fragile après des affrontements ayant fait une trentaine de morts palestiniens. 

Signe de la précarité de cet accord, Israël a frappé dans la nuit de jeudi à vendredi des cibles du groupe armé Jihad islamique dans la bande de Gaza après des tirs de roquettes sur Israël défiant l'accord de cessez-le-feu en vigueur depuis jeudi matin.

Or, peu avant son entrée en vigueur, les forces israéliennes avaient bombardé les habitations de la famille Abou Malhous à Deir al-Balah, dans le sud de la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d'habitants et sous blocus israélien.

- "Innocents" -

La frappe avait tué Rasmi Abou Malhous, présenté par les forces israéliennes comme un "commandant" du Jihad islamique mais par ce mouvement comme un simple "membre affilié", ainsi que ses deux épouses et cinq enfants.

"Selon les informations dont l'armée disposait lors de la frappe, il n'était pas prévu que celle-ci fasse des victimes civiles", a indiqué vendredi l'armée dans une déclaration transmise à l'AFP, à propos de la frappe de Deir al-Balah.

"Les forces armées israéliennes enquêtent sur le tort causé à des civils lors de la frappe", a ajouté l'armée qui avait accusé cette semaine les combattants du Jihad islamique d'utiliser des "boucliers humains" pour se prémunir des frappes.

Des survivants de cette frappe, dont des enfants devenus orphelins, avaient été transportés dans un hôpital local. 

"Ils sont innocents et ils n'auront que des souvenirs douloureux. Il leur faudra du temps pour récupérer", a dit jeudi à l'AFP Eid Abou Malhous, un membre de la famille élargie qui tentait de réconforter des survivants. 

Les violences ont débuté mardi matin après une opération ciblée mortelle menée par Israël contre un haut commandant du Jihad islamique, mouvement jugé par Israël moins puissant mais plus radical que le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza.

Le commandant Baha Abou al-Ata était considéré comme le cerveau de nombreuses opérations anti-israéliennes ces derniers mois selon les services israéliens. 

A la suite de son décès, le Jihad Islamique a lancé au total plus de 450 roquettes, faisant des blessés mais pas de mort, vers Israël qui a répliqué avec une série de frappes ayant fait au total 34 morts, dont la famille Abou Malhous, et plus d'une centaine de blessés dans la bande de Gaza. 

Cette séquence est la plus meurtrière depuis des heurts entre soldats israéliens et Palestiniens ayant fait environ une soixantaine de morts le 14 mai 2018 à Gaza, jour de l'inauguration à Jérusalem de l'ambassade des Etats-Unis.

D'où les pressions de l'ONU et de l'Egypte, pays qui dispose d'une forte influence sur Gaza et de relations officielles avec Israël, en faveur d'un cessez-le-feu.

Mais jeudi, sept roquettes ont été tirées vers Israël qui a répliqué tôt vendredi par des frappes contre des "cibles" du Jihad islamique dans la bande de Gaza. 

- "Violation" -

L'armée a dénoncé "la violation du cessez-le-feu et les roquettes lancées contre Israël" pour justifier ces frappes nocturnes contre un "site de production de roquettes" dans le sud de l'enclave. Le raid a fait au moins deux blessés côté palestinien, selon le ministère de la Santé à Gaza.

"L'armée est prête à continuer à agir autant que nécessaire contre toute tentative de porter atteinte aux civils israéliens". 

Pour s'assurer du maintien de ce moment de répit, les manifestations de la "marche du retour", dénonçant le blocus israélien de Gaza et plaidant pour le retour des réfugiés palestiniens sur leurs terres, ont été annulées vendredi dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas qui n'a pas participé aux violences cette semaine.

Dans le cadre de ce mouvement de protestation, entamé au printemps 2018 et repris en main par le Hamas, au moins 311 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, la majorité le long de la frontière entre Gaza et Israël. 

Des affrontements ont par ailleurs eu lieu en Cisjordanie occupée où des Palestiniens dénonçaient la confiscation de terres par Israël dans le village de Sourif.

La police a tiré des balles en caoutchouc, dont l'une a touché au visage un caméraman local, selon un photographe de l'AFP. Mouaz Amarneh a été transporté dans un hôpital de la ville de Hébron. Son état n'était pas connu. 

Les forces israéliennes ont également eu recours à du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes face aux protestataires.

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