Allemagne : une voiture percute des passants, au moins deux morts

Allemagne : une voiture percute des passants, au moins deux morts
Trèves, le 1er décembre 2020.

, publié le mardi 01 décembre 2020 à 14h52

La police n'était pas en mesure mardi en début d'après-midi de préciser s'il s'agissait d'un accident, du geste d'un forcené ou d'un possible attentat à la voiture bélier. 




Une voiture a percuté mardi 1er décembre des passants dans une zone piétonne à Trèves, dans le sud-ouest de l'Allemagne, faisant au moins deux morts, a rapporté la police de la ville sur Twitter. La voiture, un SUV gris métallisé, a parcouru entre 600 mètres et un kilomètre à vive allure dans cette zone piétonne, percutant tout sur son passage. Le bilan des personnes décédées pourrait encore augmenter, selon un porte-parole de la police, évoquant "plusieurs morts".

Quinze personnes ont par ailleurs été blessées, dont certaines "grièvement", selon le maire de la ville, Wolfram Leibe, évoquant un "chauffeur fou". Très ému, l'édile a décrit une chaussure de sport retrouvée à proximité du corps sans vie d'une fillette à laquelle elle appartenait.

Plusieurs enfants feraient partie des blessés, selon les médias locaux. 

Un suspect arrêté

"Nous avons arrêté une personne, un véhicule a été saisi", a également indiqué la police locale sur son compte Twitter. Elle a précisé par la suite que c'était un Allemand de 51 ans. 

La police n'était pas en mesure mardi en début d'après-midi de préciser s'il s'agissait d'un accident, du geste d'un forcené ou d'un possible attentat à la voiture bélier. 

"Ce qui s'est passé à Trèves est choquant. Nos pensées vont aux proches des victimes, aux nombreux blessés et à tous ceux qui sont en ce moment en service pour s'occuper des personnes touchées", a réagi le porte-parole d'Angela Merkel, Steffen Seibert, sur Twitter.

"Scène d'horreur"

La police et la municipalité de Trèves ont demandé à la population d'éviter cette zone piétonne du centre de la ville où un important dispositif de sécurité a été déployé. Ils ont aussi demandé de leur transmettre les photos ou vidéos de la scène plutôt que de les poster sur les réseaux sociaux.

"C'est une scène d'horreur", a déploré un porte-parole de la police sur les chaînes d'information en continu. En plus de la quinzaine de blessés, "de nombreuses personnes traumatisées ont besoin de soins", a-t-il précisé.

Une courte vidéo de la zone piétonne montrait des étals renversés et des débris sur la chaussée ainsi que des corps allongés. Une vidéo postée sur les réseaux sociaux montre un véhicule SUV, au capot enfoncé, immobilisé par des véhicules de police toutes sirènes hurlantes. Un homme est menotté sur le ventre sur le trottoir par plusieurs policiers.

D'autres vidéos montrent la scène de désolation après le passage du véhicule, dans une zone piétonne où a été érigé un grand sapin de Noël. Des étals ont été renversés. Des secouristes pratiquent un massage cardiaque sur une victime. Le corps d'une autre victime est recouvert d'une couverture.


Contexte tendu 

Si l'origine de ces faits n'est pas encore établie, ils interviennent dans un contexte tendu en Allemagne. Les autorités allemandes sont sur le qui-vive concernant la menace islamiste pesant sur le pays, particulièrement depuis un attentat au camion-bélier revendiqué par le groupe Etat islamique qui avait fait 12 morts en décembre 2016 à Berlin. Cette attaque jihadiste est la plus meurtrière jamais commise sur le sol allemand.

Depuis 2009, les autorités allemandes ont déjoué 17 tentatives d'attentat de ce type, dont la majorité depuis l'attaque de 2016, selon le ministère de l'Intérieur. Dernièrement, un jeune Syrien de 20 ans est soupçonné d'avoir tué un passant au couteau dans la rue à Dresde et d'en avoir blessé un deuxième pour des motivations islamistes. Il a été arrêté.

Les forces de l'ordre ont aussi démantelé au printemps 2020 en Rhénanie du Nord-Westphalie une cellule de terroristes présumés originaires du Tadjikistan liés au groupe Etat islamique, a indiqué le procureur antiterroriste, Peter Frank, le 1er novembre. "L'Allemagne et l'Europe occidentale sont toujours dans la ligne de mire des islamistes radicaux", avait-il alerté.

Depuis 2013, le nombre d'islamistes considérés comme dangereux se trouvant en Allemagne a été multiplié par cinq pour s'établir actuellement à 615, selon le ministère de l'Intérieur. Celui des salafistes est lui évalué à environ 11.000, soit deux fois plus qu'en 2013. En 2020, 320 nouvelles enquêtes ont été ouvertes en Allemagne comportant un lien avec la menace islamiste, un chiffre en baisse qui ne dit néanmoins "rien sur le danger qualitatif" de celle-ci, selon Peter Frank.

Outre l'attaque au camion-bélier sur le marché de Noël de la capitale, l'EI a revendiqué en 2016 un meurtre au couteau à Hambourg, un attentat à la bombe à Ansbach qui avait fait 15 blessés et tué l'assaillant, ainsi qu'une attaque à la hache dans un train en Bavière (5 blessés) dont l'auteur a été abattu par la police.

L'Allemagne est aussi confrontée à un terrorisme d'extrême droite, avec plusieurs fusillades mortelles ces deux dernières années à Halle, le jour de Yom Kippour, ou Hanau, en février, visant des bars à chicha.

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