Allemagne: un islamiste en procès pour un meurtre homophobe

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Des policiers acccompagnent Abdullah A. H. H dans la salle du tribunal de Dresde, le 12 avril 2021 en Allemagne
Des policiers acccompagnent Abdullah A. H. H dans la salle du tribunal de Dresde, le 12 avril 2021 en Allemagne
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© AFP, Sebastian Kahnert, POOL

publié le lundi 12 avril 2021 à 13h54

Le procès d'un islamiste syrien soupçonné d'avoir tué au cours d'une attaque au couteau une personne parce qu'elle était homosexuelle début octobre à Dresde, en Allemagne, s'est ouvert lundi.

Abdullah A. H. H., âgé de 21 ans et déjà condamné par le passé pour avoir tenté de recruter des soutiens à l'organisation Etat islamique (EI), est accusé de "meurtre, tentative de meurtre et lésions corporelles dangereuses".

A la lecture de l'acte d'accusation peu après l'ouverture de l'audience devant le tribunal régional supérieur de Dresde (Saxe), le procureur Marco Mayer a parlé d'un acte aux "viles motivations" perpétré de "manière insidieuse" contre des hommes qu'il considérait comme "des infidèles".

Il a agi "parce qu'il pensait avoir reconnu en eux des homosexuels et voulait les punir de mort" en s'approchant d'eux "par derrière avec deux couteaux pour profiter de leur impuissance et de leur absence de défense", a-t-il ajouté.

L'avocat du prévenu, Marco Maier, a quant à lui souligné que son client ne ferait "aucun commentaire sur l'affaire".

L'homme avait dans la soirée du 4 octobre 2020 poignardé deux homosexuels âgés de 53 et 55 ans en plein centre de la capitale saxonne. L'une des victimes, un touriste allemand originaire de Cologne, est morte peu de temps après de ses blessures à l'hôpital alors que la seconde, grièvement blessée, a survécu.

Selon l'acte d'accusation, Abdullah A. H. H. a agi en raison de "ses convictions islamiques radicales" et par haine des homosexuels.

Il avait été arrêté près de deux semaines après l'attaque et se trouvait depuis en détention préventive.

"Les attaques d'islamistes radicaux sont des attaques contre notre démocratie, contre notre coexistence pacifique. Les assumer pénalement est un pas important vers la réparation des injustices et le rétablissement de la justice", avait récemment déclaré Iris Kloppich, la médiatrice chargée des relations entre la justice et les victimes en Saxe.

L'affaire avait fait grand bruit en Allemagne à l'époque car le suspect, qui avait déjà fait l'objet par le passé de plusieurs condamnations pour des actes de violence et avait purgé des peines de prison, avait été remis en liberté le 29 septembre, soit quelques jours avant l'attaque mortelle.

A sa libération, il était censé être surveillé par les services de renseignement, mais pas 24 heures sur 24. Les autorités saxonnes ont ainsi été critiquées pour avoir failli dans leur surveillance.

Le parquet antiterroriste allemand avait également précisé que ce réfugié arrivé en 2015 avait été condamné trois ans plus tard pour avoir cherché à recruter des soutiens à "une organisation terroriste" de l'EI. 

Son statut de réfugié avait été révoqué à la suite de ces infractions pénales mais Abdullah A. H. H. n'avait pu être expulsé en raison de l'interdiction décrétée par Berlin des renvois vers la Syrie, un pays en guerre.

Douze jours d'audience sont prévus pour ce procès qui devrait se dérouler jusqu'à fin mai.

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