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Afghanistan: "Un chaos total", racontent les rescapés de Save the Children

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 Les forces de sécurité afghanes inspectent, le 25 janvier 2018, les locaux de Save the Children attaqués la veille à Jalalabad

Les forces de sécurité afghanes inspectent, le 25 janvier 2018, les locaux de Save the Children attaqués la veille à Jalalabad

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© AFP, NOORULLAH SHIRZADA

AFP, publié le jeudi 25 janvier 2018 à 15h16

"C'était un chaos total, chacun courait pour sauver sa vie", racontait jeudi Kamran Khan, employé de Save the Children à Jalalabad, réfugié au sous-sol des locaux de l'ONG britannique pendant l'attaque du groupe Etat islamique dans cette ville de l'est de l'Afghanistan.

Cinq personnes, dont quatre employés de l'organisation, ont été tuées et 26 blessées, selon un dernier bilan de l'opération qui a duré plus de sept heures, après la première explosion d'une voiture piégée qui a défoncé le portail principal.

Les combats laissent les deux bâtiments de l'ONG, dont une grande bâtisse traditionnelle blanche en partie calcinée, criblés de tirs et de trous béants dus aux roquettes et aux grenades.

"Je me trouvais dans les bureaux quand j'ai entendu une explosion. Les gardes ont hurlé, tout le monde s'est rué vers la safe room (pièce sécurisée) et on a passé dix heures dans le bunker", se souvient Kamran, 30 ans.

"J'étais évidemment terrifié. On entendait les explosions, nos téléphones passaient mal mais j'essayais d'envoyer des messages à mes proches pour les tenir au courant... Je n'arrive toujours pas à croire qu'on ait survécu". 

De l'intérieur, un employé a adressé un message désespéré à un ami sur WhatsApp: "J'entends au moins deux assaillants au deuxième étage, ils nous cherchent. Appelez les forces de sécurité".

"Tout le monde paniquait. J'ai moi-même fermé les trois portes de la safe room; on s'est retrouvé entassés à une quarantaine. On a compté plus de dix-neuf explosions, certains de nos collègues ont perdu connaissance", ajoute Abasin Shinwari, quinquagénaire au fin collier de barbe blanche.

"Heureusement, les forces de sécurité sont arrivées rapidement, les assaillants se sont alors battus contre elles et ils n'ont pas eu le temps de fouiller toutes les pièces pour s'en prendre à nos collègues", rapporté Haji Amal.

- Cachés dans les étages -

La plupart des personnes présentes dans l'enceinte de l'ONG au moment de l'attaque doivent leur salut au bunker en sous-sol où elles ont attendu que les forces de sécurité viennent les chercher à la fin de l'assaut.

Les autres sont restées cachées dans les étages et ont parfois sauté par la fenêtre pour s'échapper. 

"J'étais tétanisé, totalement paniqué. J'ai vu le dernier jour de ma vie, les forces de sécurité n'arrivaient pas. C'était le chaos, tout le monde hurlait, appelait à l'aide", se souvient Mohammad Amin, 22 ans, chargé d'études pour l'ONG.

"J'ai été blessé à la tête et à la jambe par des éclats lors de l'attaque. Je suis monté par une échelle et j'ai réussi à sauter dans une maison voisine de nos bureaux. C'est là qu'une ambulance est venue me chercher. Je me demande encore comment j'ai survécu".

A la suite de cette attaque, Save The Children a annoncé la suspension temporaire de ses opérations en Afghanistan, où elle est présente depuis 1976, mais qu'elle considère désormais comme l'un des pays les plus dangereux pour les humanitaires.

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