Afghanistan: les talibans se sont engagés à laisser partir Américains et Afghans à risque après le 31 août (Blinken)

Afghanistan: les talibans se sont engagés à laisser partir Américains et Afghans à risque après le 31 août (Blinken)
Le secrétaire d'Etat Antony Blinken, à Washington, le 25 août 2021

publié le mercredi 25 août 2021 à 23h17

Les talibans se sont engagés à laisser partir les Américains et les Afghans "à risque" encore en Afghanistan après le 31 août, après le départ des forces américaines, a affirmé mercredi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

"Les talibans ont pris des engagements en public et en privé pour fournir et permettre un passage sûr aux Américains, aux autres étrangers, et aux Afghans à risque, dans le futur, après le 31 août", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Washington.

"Il n'y a pas de date butoir pour notre travail visant à aider d'éventuels ressortissants américains qui voudraient partir", "ainsi que les nombreux Afghans qui ont été à nos côtés pendant toutes ces années", a-t-il martelé, laissant entendre que les troupes américaines pourraient partir même si des candidats à l'évacuation sont encore sur place.

Il n'a toutefois pas dit comment leur départ s'organiserait, dès lors que les forces américaines doivent quitter le pays d'ici la fin du mois -- une date butoir confirmée mardi par le président des Etats-Unis Joe Biden.

Il resterait encore jusqu'à 1.500 Américains à évacuer d'Afghanistan, tandis que 4.500 autres ont pu partir depuis le début du pont aérien le 14 août, a précisé le secrétaire d'Etat tout en évoquant des estimations mouvantes et complexes.

Sur ces 1.500 personnes, 500 ont reçu des instructions récentes pour se rendre à l'aéroport de Kaboul, tandis que la diplomatie américaine tente "activement" de recontacter les 1.000 autres pour savoir si elles désirent toujours quitter l'Afghanistan, a-t-il expliqué. "Certains pourrait avoir déjà quitté le pays", "certains pourraient avoir dit être Américains sans l'être vraiment", et "certains pourrait avoir décidé de rester", a-t-il détaillé.

Il pourrait en outre y avoir d'autres Américains dans le pays qui ne se sont pas du tout manifestés pour être évacués, a-t-il ajouté.

Selon lui, des "pays de la région" étudient "s'ils peuvent jouer un rôle pour garder l'aéroport ouvert une fois que notre contingent militaire partira ou, si nécessaire, le rouvrir s'il ferme pour un certain temps".

"Les talibans ont signifié clairement qu'ils ont un fort intérêt à conserver un aéroport en fonctionnement. Nous, et le reste de la communauté internationale, avons fortement intérêt à cela, principalement afin de s'assurer que quiconque veut quitter (l'Afghanistan) peut le faire après le 31 (août) en utilisant l'aéroport", a déclaré Antony Blinken.

Il n'a cependant pas précisé si les Etats-Unis maintiendraient une présence diplomatique après cette date. "Nous étudions un certain nombre d'options", s'est-il borné à répondre à ce sujet.

Un haut responsable américain a ensuite précisé que cette question n'avait pas été tranchée, et que cela dépendrait en partie du statut de l'aéroport. 

"Si un futur gouvernement" dirigé par les talibans "respecte les droits fondamentaux des Afghans, s'il tient ses engagements en garantissant que l'Afghanistan ne peut être utilisé comme rampe de lancement pour des attaques terroristes contre nous ou nos alliés", et s'il "laisse partir les gens qui veulent quitter l'Afghanistan, c'est un gouvernement avec lequel nous pourrons travailler", a-t-il ajouté. "S'il ne le fait pas, nous utiliserons tous les outils à notre disposition pour isoler ce gouvernement et, comme je l'ai déjà dit, l'Afghanistan deviendra un paria."

Des milliers d'Afghans sont massés depuis des jours devant l'aéroport de Kaboul, sécurisé par plus de 6.000 soldats américains, dans une atmosphère tendue.

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