Afghanistan: les élections repoussées d'une semaine à Kandahar après l'attaque talibane

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Des policiers surveillent un check-point à Kandahar, le 18 octobre 2018
Des policiers surveillent un check-point à Kandahar, le 18 octobre 2018
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© AFP, JAWED TANVEER

AFP, publié le vendredi 19 octobre 2018 à 16h03

Les autorités afghanes ont décidé de repousser d'une semaine les élections législatives prévues samedi dans la province de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, après une attaque des talibans jeudi qui décimé l'état-major sécuritaire provincial.

"A la suite de la réunion du conseil de sécurité national, il a été décidé de repousser d'une semaine les élections à Kandahar", a indiqué dans un communiqué un porte-parole de la présidence afghane.

La Commission électorale indépendante (CEI), qui organise le scrutin, annoncera une nouvelle date, est-il précisé. Le reste du pays votera comme prévu samedi pour renouveler le parlement afghan.

Les préparatifs du vote à Kandahar (sud), berceau des talibans, ont été mis à mal par une attaque revendiquée par les talibans. Un garde du corps "infiltré" a tué notamment le chef des services secrets de la province mais surtout le puissant et redouté chef de la police de Kandahar, le général Abdul Raziq, "cible" des talibans.

Un journaliste de la télévision afghane a également été tué.

Treize autres personnes ont été blessées, dont le responsable de la police pour le sud du pays ainsi que le gouverneur de la province, soit la quasi-totalité de l'état-major sécuritaire de la province.

Le général Scott Miller, commandant en chef de l'armée américaine et de l'Otan en Afghanistan, présent au moment de cet "événement tragique", s'en est sorti indemne.

"Je n'étais pas la cible. C'était un espace confiné très étroit mais j'estime que je n'étais pas visé", a-t-il déclaré vendredi devant les caméras de Tolo News alors qu'il saluait les services de sécurité dans la capitale.

Trois personnes en lien avec les faits ont été arrêtées, selon le ministère de l'Intérieur qui n'a pas livré plus de détails.

La participation aux élections législatives afghanes, qui interviennent avec plus de trois ans de retard, apparaissait déjà sous pression suites à des menaces d'attentats des talibans et du groupe Etat islamique (EI) contre les centres électoraux.

La mort du controversé mais respecté général Raziq pourrait dissuader encore plus d'électeurs de se présenter dans les plus de 5.000 bureaux de vote du pays, malgré la présence de 54.000 membres des forces de sécurité pour assurer leur protection.

Plus de 2.500 candidats sont en lice pour les 249 sièges à la chambre basse du parlement chargée d'élaborer les lois et de superviser le gouvernement.

Des centaines de personnes ont été tuées ou blessées dans les violences liées aux élections. Et au moins 10 candidats ont été tués, la plupart dans des attaques ciblées.

Malgré la menace d'attentats, la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) a exhorté vendredi les électeurs à "exercer leur droit de vote".

Ce scrutin législatif est considéré comme un test crucial en vue de l'élection présidentielle de l'année prochaine et une étape importante avant une réunion de l'ONU en novembre à Genève où l'Afghanistan devra démontrer les progrès effectués en matière de "processus démocratique".

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