Afghanistan: début du cessez-le-feu du gouvernement, attaques des talibans

Afghanistan: début du cessez-le-feu du gouvernement, attaques des talibans
Des troupes de sécurité afghanes à Farah, après sa prise de contrôle sur les talibans, le 19 mai 2018

AFP, publié le mardi 12 juin 2018 à 15h52

Les talibans ont mené plusieurs attaques  dans les provinces de Faryab et Sari Pul, dans le nord de l'Afghanistan mardi, jour d'entrée en vigueur du cessez-le-feu déclaré par le président Ashraf Ghani, a-t-on appris auprès de responsables.

Le gouverneur du district de Kohistan (Faryab) a été tué avec huit autres personnes lors d'une embuscade dans la nuit de lundi à mardi, a indiqué à l'AFP le porte-parole du gouverneur de la province, Jawed Bidar.

Les talibans ont pris contrôle de ce district, a-t-il ajouté, ce qui a été confirmé par le chef de la police de Faryab, Nabi Jan Mullah Khail. Le nombre de victimes des deux côtés n'a toutefois pas pu être vérifié.

Les insurgés ont revendiqué l'attaque de Faryab ainsi qu'une autre dans le district de Sayad, dans la province voisine de Sari Pul, où les autorités ont "demandé plus de renforts", selon Zabiullah Amani, le porte-parole du gouverneur provincial.

"La nuit dernière, un grand nombre de talibans ont attaqué plusieurs villages. Les combats continuent. Il y a des victimes des deux côtés", a déclaré M. Amani à l'AFP.

Un kamikaze au volant d'un 4X4 militaire s'est par ailleurs fait exploser dans la province de Ghazni (Sud-Est) dans la nuit de lundi à mardi devant un bâtiment d'un gouvernement de district, que d'autres hommes armés ont ensuite attaqué. Cinq policiers ont été tués et 26 personnes blessées, dont le gouverneur du district, a déclaré le porte-parole du gouverneur de Ghazni, Arif Noori.

L'attaque est à imputer aux talibans, a-t-il poursuivi. Ces derniers ne l'ont toutefois pas revendiquée.

Le président Ashraf Ghani a annoncé jeudi un cessez-le-feu d'environ une semaine avec les talibans, qui "a pris effet ce matin", a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur Najib Danish. "Nous avons ordonné à nos forces de se défendre de toutes leurs forces si elles sont attaquées par un ennemi qui n'a de respect pour rien", a-t-il poursuivi.

Les talibans ont de leur côté décrété une cessation des combats de trois jours pour la fin du ramadan, prévue vendredi. Ce cessez-le-feu est une première depuis qu'une coalition internationale menée par les Etats-Unis les a chassés du pouvoir en octobre 2001, après les attentats du 11 septembre.

Mardi, le leader des talibans Haibatullah Akhundzada, dans un message écrit, a par ailleurs appelé les Etats-Unis à "se présenter eux-mêmes à la table des négociations" pour que la "tragédie" causée par leur "invasion" puisse être résolue par des discussions".

Washington a toujours refusé une telle éventualité. En février, les talibans avaient déjà écrit aux Etats-Unis pour tenter d'instaurer un dialogue bilatéral, sans réussite.

Haibatullah Akhundzada a par ailleurs averti les oulémas afghans, dont 3.000 ont publié la semaine dernière une fatwa déclarant les attaques-suicide +haram+ (interdites), qu'ils étaient utilisés par Washington et ses alliés "pour leurs intérêts propres".

Ce message coïncide avec la visite à Kaboul du chef de l'armée pakistanaise, le général Qamar Javed Bajwa, qui devait rencontrer le président Ghani, selon le porte-parole de l'armée pakistanaise, le général Asif Ghafoor.

Le Pakistan est depuis longtemps accusé de soutenir les talibans et de leur accorder des refuges sur son territoire, ce qu'Islamabad nie.

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