Affaire Skripal: Londres snobe une réunion organisée par Moscou

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 L'ambassadeur britannique Laurie Bristow arrive au ministère russe aux Affaires étrangères, le 13 mars 2018 à Mosc ou

L'ambassadeur britannique Laurie Bristow arrive au ministère russe aux Affaires étrangères, le 13 mars 2018 à Mosc ou

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© AFP, Alexander NEMENOV

AFP, publié le mercredi 21 mars 2018 à 13h41

Londres a décidé de snober mercredi une réunion organisée par Moscou pour donner son point de vue sur l'empoisonnement de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal, au coeur de récentes tensions Est-Ouest.

Les ambassadeurs étrangers accrédités en Russie ont été invités à une rencontre à 15H00 locales (12H00 GMT) au ministère des Affaires étrangères avec des diplomates chargés des questions de non-prolifération et de contrôle des armements.

Cette réunion, consacrée à l'affaire de l'empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia par un agent toxique le 4 mars à Salisbury (Grande-Bretagne), devrait être l'occasion pour la Russie de démonter les accusations portées contre elle par Londres.

Mais l'ambassade britannique en Russie a annoncé à l'AFP que son ambassadeur, Laurie Bristow, ne "participera pas à cette réunion".

Il pourrait être représenté par un fonctionnaire au "niveau opérationnel", a indiqué la porte-parole de l'ambassade, Zeenat Khanche, refusant de donner plus de précisions.

"C'est une nouvelle manifestation éloquente d'une situation absurde où l'on pose des questions mais on ne veut pas entendre les réponses", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le chef de la délégation de l'Union européenne en Russie fera également partie des absents: actuellement à l'étranger, il sera représenté par son numéro deux, Sven-Olov Carlsson, a indiqué à l'AFP sa porte-parole Luca Eszter Kadar.

Du côté allemand, "l'ambassade ne confirme pas mais ne dément pas la présence de l'ambassadeur", a affirmé son service de presse à l'AFP.

"La France sera représentée", a indiqué à l'AFP une source diplomatique française, sans préciser si Sylvie Bermann, l'ambassadrice en poste, se rendrait personnellement à la réunion.

"L'important n'est pas le statut (des personnes participant à la réunion) mais qu'une discussion se tienne", a affirmé sur Facebook la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova, ajoutant que "140 personnes étaient déjà accréditées ce matin".

 - Nouvelles sanctions? -

L'empoisonnement de Sergueï Skripal a ravivé le climat de confrontation Est-Ouest, latent depuis l'annexion de la Crimée par Moscou en mars 2014, et a exacerbé les tensions entre Moscou et Londres dont les relations étaient déjà glaciales.

Accusant la "Russie de Poutine" d'avoir ordonné cet empoisonnement, Londres a expulsé 23 diplomates russes du territoire britannique et annoncé le gel des relations bilatérales.

La Russie, qui clame son innocence, a rétorqué en expulsant à son tour 23 diplomates britanniques et en mettant fin aux activités du British Council dans le pays.

Les Occidentaux, qui ont resserré les rangs derrière Londres, pourraient à leur tour prendre des mesures contre la Russie.

Les dirigeants de l'UE sont prêts à se "coordonner sur des mesures" à prendre contre la Russie si elle ne coopère pas à l'enquête, selon un projet de déclaration préparé pour leur sommet jeudi et vendredi à Bruxelles, vu mardi par l'AFP.

De nouvelles sanctions pourraient également être adoptées par Londres: la Première ministre britannique Theresa May a réuni mardi son Conseil de sécurité et "réfléchit activement" à d'autres mesures de rétorsion contre Moscou, selon son porte-parole.

Pour le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, en visite à Tokyo, "le gouvernement britannique a sciemment choisi de saper les relations russo-britanniques".

"Si cette tendance se poursuit sous la forme de nouvelles initiatives anti-russes, personne n'a bien sûr abandonné le principe de réciprocité", a-t-il prévenu lors d'une conférence de presse à Tokyo, où il a rencontré son homologue Taro Kono.

Lundi, le ministre américain de la Défense Jim Mattis a jugé que l'affaire Skripal montre que la Russie a "choisi d'être un adversaire stratégique".

Donald Trump a semblé sortir du rang occidental en n'abordant par le sujet lors d'un entretien téléphonique mardi avec Vladimir Poutine qu'il a félicité pour sa réélection triomphale dimanche pour un quatrième mandat.

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7 commentaires - Affaire Skripal: Londres snobe une réunion organisée par Moscou
  • avatar
    Rodrigu  (privé) -

    C'est la preuve que les anglais ont quelque chose à cacher. Idem pour la non délivrance de l'échantillon et la non coopération. Le pire est de voir les européens marcher dans cette mascarade. Nous paierons la facture si ça continue, c'est certain....

  • quelle respect et esprit de dialogue et d'ouverture c'est éloquent mdr carton rouge là les anglais

  • L'Angleterre est devenue tellement riquiqui sur la scène Mondiale,difficile de faire 2 mètres quand tu n'en fait que cinquante (centimètre).......

  • FC50

    Vous avez dit bizarre ??? Rien de bizarre puisque c'est la mauvaise foi qui s'exprime....S'il étaient clean, croyez-moi, ils seraient présents ambassadeurs compris et çà prouve qu'ils ne sont pas bien dans leurs baskets tout simplement

    Pour moi, ils jouent la provoc jusqu'au bout et ils ne sont vraiment pas fute fute.

  • Bizarre que les Occidentaux demandent des explications aux Russes mais ne veulent manifestement pas les entendre.....Ils décridibilisent eux même leur thèse de responsabilité de la Russie.