Affaire Skripal : les Russes surveillaient l'ex-espion depuis cinq ans

Affaire Skripal : les Russes surveillaient l'ex-espion depuis cinq ans

Des policiers montent la garde devant la proproété de Sergueï Skripal à Salisbury.

leparisien.fr, publié le vendredi 13 avril 2018 à 16h40

Un nouvel épisode dans la crise. Face aux dénégations russes, Londres dévoile des renseignements sur le mode opératoire ayant permis d'empoisonner l'ex-agent double.

Dans l'affaire Skripal, à chaque fois que Moscou agace les autorités britanniques, celles-ci ripostent à coups de révélations. Dernier épisode en date ce vendredi, après que les inspecteurs de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques ont confirmé jeudi la thèse britannique « quant à l'identité de l'agent chimique toxique utilisé à Salisbury » pour empoisonner l'ex-espion.

Vendredi matin, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a répondu aux conclusions de l'Organisation en accusant Londres. « Des hommes politiques tels que Boris Johnson tentent une nouvelle fois de déformer la réalité en affirmant que les conclusions de l'OIAC signifient la validation de toutes les thèses de la Grande-Bretagne sans exception », a déclaré le ministre russe lors d'une conférence de presse.

Skripal: l'OIAC confirme l'identité du poison, Moscou réagit

Riposte britannique immédiate, via une lettre du conseiller national à la sécurité britannique, Mark Sedwill, adressée au secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, et publiée dans la journée de vendredi par l'agence de presse Press Association. « Selon nos informations, accuse le haut fonctionnaire britannique, l'intérêt des services de renseignement russes pour les Skripal remonte au moins à 2013, lorsque des comptes mails appartenant à Ioulia Skripal ont été visés par les cyber-spécialistes du GRU (service de renseignement militaire russe) ».

Manière de dire que l'empoisonnement de l'ex-agent double n'est que la suite d'un processus d'espionnage déjà engagé.

« Des agents innervants appliqués sur les poignées de porte »Le conseiller à la sécurité se fait plus précis quant au mode opératoire, dévoilant ce qu'en savent les services britanniques : « Au cours des années 2000, poursuit-il, la Russie a lancé un programme visant à tester les moyens de transport d'agents de guerre chimiques et à former le personnel des unités spéciales à l'utilisation de ces armes ».

Enfonçant le clou, Mark Sedwill ajoute que « ce programme comprenait par la suite l'étude des moyens d'administrer des agents innervants, y compris par application sur les poignées de porte. Au cours de la dernière décennie, la Russie a produit et stocké de petites quantités de Novitchok (NDLR. la substance innervante utilisée) dans le cadre du même programme ».

Le conseiller national à la sécurité indique également que le laboratoire militaire de Porton Down, spécialisé dans les recherches chimiques et biologiques, a déterminé que les « plus fortes concentrations » d'agent innervant avaient été « découvertes sur la poignée de la porte » d'entrée du domicile de Sergueï Skripal à Salisbury.

Sa conclusion est sans appel : « Nous continuons donc à juger que seule la Russie dispose des moyens techniques, de l'expérience opérationnelle et du mobile de l'attaque contre les Skripal ». La balle est maintenant dans le camp de la diplomatie russe.

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