Affaire des sous-marins : "Je sais" que le Premier ministre australien Scott Morrison "m'a menti", affirme Emmanuel Macron

Affaire des sous-marins : "Je sais" que le Premier ministre australien Scott Morrison "m'a menti", affirme Emmanuel Macron©Ludovic MARIN / AFP

publié le dimanche 31 octobre 2021 à 22h17

L'annonce le 15 septembre d'un partenariat stratégique entre les Etats-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni, qui a entraîné l'annulation d'un mégacontrat de sous-marins français avec Canberra, a provoqué une crise diplomatique majeure entre la France et les Etats-Unis.

Ce dimanche 31 octobre, Emmanuel Macron est revenu sur l'affaire des sous-marins, qui a provoqué une crise diplomatique majeure entre la France et les Etats-Unis, après une question posée par un journaliste australien, en marge du G20 de Rome.


"Je sais" que le Premier ministre Scott Morrison "m'a menti", a-t-il déclaré, à propos des négociations secrètes entre Australie, Etats-Unis et Royaume-Uni sur l'accord de défense Aukus, qui ont entraîné la rupture d'un contrat franco-australien sur des sous-marins.

Le président français avait déjà exprimé sa colère après la rupture de cet accord. "Nous discutons, nous verrons ce qu'il fera", a-t-il dit à propos de la possibilité de lui redonner sa confiance.

"J'ai beaucoup de respect pour votre pays et beaucoup de respect et d'amitié pour votre peuple", a-t-il poursuivi face au journaliste australien, mais "quand on a du respect, on doit être deux et se conduire conformément à ces valeurs".

La relation de confiance entre la France et l'Australie "rompue"

Emmanuel Macron s'était entretenu jeudi avec le Premier ministre australien pour la première fois depuis la crise provoquée par l'annonce mi-septembre d'une nouvelle alliance entre les Etats-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni, baptisée Aukus, qui a torpillé le mégacontrat de sous-marins français.

Le président français lui avait alors répété que cette rupture de contrat "avait rompu la relation de confiance entre nos deux pays".

Cette brouille a également provoqué une crise entre la France avec les Etats-Unis, allant jusqu'au rappel de l'ambassadeur français pendant quelques jours.

Lors d'une rencontre vendredi avec le président américain Joe Biden, ce dernier, visiblement désireux de surmonter cette brouille, n'a pas présenté d'excuses mais a reconnu que ce qui avait été "fait était maladroit et n'a pas été fait avec beaucoup d'élégance".

Il a assuré qu'il croyait que "la France avait été informée très en amont que le contrat ne se ferait pas".

Une "trahison" pour Nicolas Sarkozy

Samedi 30 octobre, l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy a estimé que cette affaire n'était "pas seulement une maladresse", comme l'a reconnu le président américain Joe Biden, mais "une forme de trahison".

"On ne traite pas ses alliés, ses amis comme on a été traité. Ce n'est pas possible, ce n'est pas conforme à l'intérêt stratégique de nos deux nations", a réagi l'ancien chef de l'Etat interrogé par la presse sur cette affaire en marge d'une séance de dédicace de son dernier livre.

"Il y a entre nous le prix du sang qui a été payé par des générations de jeunes qui se sont sacrifiés. Et c'était bien désolant de voir ce qui n'était rien d'autre qu'une forme de trahison", a dénoncé l'ancien président pour qui "maintenant sans doute, il faut tourner la page". "Tourner la page mais ne pas oublier", a-t-il ajouté.

L'annonce le 15 septembre d'un partenariat stratégique entre les Etats-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni, qui a entraîné l'annulation d'un mégacontrat de sous-marins français avec Canberra, a provoqué une crise diplomatique majeure entre la France et les Etats-Unis.

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