Affaire de corruption présumée: les Netanyahu longuement interrogés

Chargement en cours
 Des Israéliens manifestent devant la résidence de Benjamin Netanyahu à Jérusalem pour protester contre le chef du gouvernement interrogé dans des affaires de corruption présumée, le 2 mars 2018

Des Israéliens manifestent devant la résidence de Benjamin Netanyahu à Jérusalem pour protester contre le chef du gouvernement interrogé dans des affaires de corruption présumée, le 2 mars 2018

1/5
© AFP, AHMAD GHARABLI
A lire aussi

AFP, publié le vendredi 02 mars 2018 à 17h08

Benjamin Netanyahu et son épouse Sara ont été longuement interrogés vendredi par la police dans l'une des affaires de corruption présumée qui menacent le long règne du Premier ministre israélien.

M. Netanyahu a de nouveau protesté de son innoncence en fin d'après-midi.

Trois jours avant la visite du Premier ministre à la Maison Blanche, les Netanyahu ont répondu séparément aux questions des policiers dans l'une des enquêtes peut-être les plus dangereuses pour le chef du gouvernement israélien, figure incontournable dans son pays et sur la scène internationale.

M. Netanyahu, déjà questionné à huit reprises dans les différentes affaires en cours, l'était pour la première fois dans ce dossier.

Un porte-parole de la police s'est contenté de confirmer que les Netanyahu avaient été entendus pendant plusieurs heures -cinq selon les médias- sans préciser pour quoi. Il a refusé de dire si les Netanyahu avaient été interrogés en qualité de suspects ou de témoins.

D'après tous les médias, les policiers ont recueilli leurs dépositions sur leurs relations avec l'homme d'affaires Shaul Elovitch, principal actionnaire de Bezeq, le plus important groupe de télécommunications israélien.

Les enquêteurs se sont présentés le matin dans deux voitures devant la résidence du Premier ministre dans le quartier cossu de Rehavia à Jérusalem, a constaté un journaliste de l'AFP. Une dizaine de cameramen et photographes attendaient leur venue, annoncée depuis des jours par la presse.

Au même moment, Sara Netanyahu était sur la sellette à Lod (centre) dans les bureaux de Lahav 443, le FBI israélien.

La police cherche à savoir si les Netanyahu ont cherché à s'assurer une couverture propice de la part de Walla, site d'information et propriété de M. Elovitch, en contrepartie de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq, dit la presse, alimentée à flux constants par des fuites à la provenance inconnue.

- 'Fake news' -

L'affaire Bezeq, ou "dossier 4000", ouvert en 2017, a éclaté le 18 février dans toute sa dangerosité pour le Premier ministre, avec l'arrestation de M. Elovitch et de six autres personnes, dont deux proches collaborateurs de M. Netanyahu.

C'est l'une des au moins six enquêtes qui concernent directement ou indirectement M. Netanyahu qui détenait jusqu'en 2017 également le portefeuille des Communications.

La succession des coups durs remet en question l'avenir du Premier ministre au pouvoir depuis bientôt 12 ans au total et sans rival apparent.

Si M. Netanyahu n'est encore formellement mis en cause dans aucune affaire, la police a recommandé le 13 février son inculpation dans deux d'entre elles, et resserré l'étau sur son entourage.

Les policiers sont en possession d'éléments très embarrassants, comme des enregistrements de conversations entre M. Elovitch et le chef de Walla, ou des textos envoyés par Mme Netanyahu à l'épouse de M. Elovitch, selon la presse.

M. Netanyahu est confronté à la perspective d'un témoignage potentiellement dévastateur. Arrêté puis relâché, Shlomo Filber, ex-directeur général du ministère des Communications et présenté comme l'un des rares hommes de confiance de M. Netanyahu, a négocié avec les enquêteurs un accord de coopération en échange d'un statut de témoin protégé lui garantissant qu'il n'irait pas en prison.

- 'Chasse aux sorcières' -

M. Elovitch et un autre proche collaborateur des Netanyahu, leur ancien porte-parole personnel Nir Hefetz, sont toujours détenus.

Les policiers les ont à nouveau interrogés séparément et parallèlement à Mme Netanyahu à Lod vendredi, a rapporté la radio publique. La radio militaire a elle fait état de l'arrestation d'un ex-responsable du ministère des Communications, sans le nommer.

Les policiers comptaient aussi recueillir de M. Netanyahu son témoignage dans une autre affaire, portant sur des soupçons de corruption autour de la vente par l'Allemagne à Israël de trois sous-marins de guerre du géant industriel ThyssenKrupp, selon les médias.

M. Netanyahu proclame son innocence sur tous les fronts, dénonce une "chasse aux sorcières" et affirme sa ferme intention de rester au pouvoir.

"Je suis sûr qu'il ne se passera rien et je veux dire à des millions d'Israéliens que le soutien extraordinaire apporté à moi-même, ma femme et ma famille me réchauffe le cœur", a-t-il dit vendredi soir dans une vidéo sur Facebook.

Jusqu'alors, les chefs des partis de sa coalition, sur laquelle repose son  gouvernement, sont restés solidaires en attendant son éventuelle inculpation.

Le déplacement aux Etats-Unis et la rencontre prévue lundi avec le président Donald Trump devraient offrir un répit à M. Netanyahu et lui fournir l'occasion de se poser à nouveau en meilleur garant de la sécurité d'Israël.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.

 
8 commentaires - Affaire de corruption présumée: les Netanyahu longuement interrogés
  • west, c'est bien la seule démocratie, et je dirais même du monde. Démocratie au sens athénien du terme, encore plus belliqueuse que l'original, avec ses esclaves-ilotes: les palestiniens.

  • j'aime l'expression de corruption présumée en attendant c'est pas en France qu'on risque de voir ça

  • pas que chez eux chez nous, nos politiques font pareils

    avatar
    Steppenwolf  (privé) -

    on va voir avec l'affaire Lafarge en France si la police et la justice française sont aussi forte que celle d'israël. parce que là chapeau bas aux israéliens pour la probité de leur police et de leur justice. même si "bibi" est un vieux renard qui comme tous les vieux renards se sortent toujours des filets à la finale ...........

  • Dans ce monde aux abois les uns sont aussi ou encore plus corrompus que les autres et vice versa sans parti pris.

  • Il pourra toujours demander l asile aux USA