A Tokyo, Vincent Fichot poursuit sa grève de la faim pour revoir ses enfants

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Vincent Fichot, un Français dont les deux enfants ont été enlevés par leur mère japonaise en 2018, poursuit une grève de la faim, à Tokyo le 25 juillet 2021
Vincent Fichot, un Français dont les deux enfants ont été enlevés par leur mère japonaise en 2018, poursuit une grève de la faim, à Tokyo le 25 juillet 2021
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© AFP, Philip FONG

publié le dimanche 25 juillet 2021 à 10h50

Déçu par l'intervention de l'Elysée sur son cas, le Français Vincent Fichot a entamé dimanche une troisième semaine de grève de la faim à Tokyo, réclamant toujours le retour de ses enfants enlevés par leur mère japonaise en 2018.

Alors qu'il était à Tokyo pour l'ouverture des Jeux olympiques, Emmanuel Macron a évoqué samedi avec le Premier ministre japonais Yoshihide Suga la "situation extrêmement tragique" de M. Fichot, selon l'Elysée.

La présidence a aussi fait part de sa volonté d'aboutir à des "résultats" et a parlé d'une "priorité".

"C'est bien que Suga et Macron aient quand même parlé de mon cas (...), mais ça ne change rien à la situation dans laquelle sont mes enfants, donc je continue", a déclaré dimanche M. Fichot à l'AFP.

"La France ne sait même pas si mes enfants sont en vie ou pas, et on qualifie la relation entre le Japon et la France d'exceptionnelle (...). C'est hallucinant, c'est le +business+ avant et nos enfants après", s'était-il indigné samedi.

Le président français n'a pas vu M. Fichot durant sa visite de deux jours à Tokyo. Des conseillers de l'Elysée l'ont rencontré à sa place.

Depuis le 10 juillet, cet ancien employé dans la finance âgé de 39 ans est calé nuit et jour sur un tapis de yoga, sous le préau d'une gare près du stade olympique. Sa santé commence à se dégrader et il dit souffrir désormais au moindre effort.

- "Porte-parole" -

Après avoir tout essayé devant la justice japonaise, il a entrepris cette action dans l'espoir de pousser Paris à prendre des "sanctions" contre le Japon pour non-respect de ses engagements internationaux sur les droits de l'enfant. 

Le principe de la garde partagée en cas de séparation des parents n'existe pas au Japon, une exception parmi les pays industrialisés. Aussi l'enlèvement parental est une pratique répandue et tolérée dans le pays.

En août 2018, l'épouse japonaise de M. Fichot est partie de leur domicile avec leurs deux enfants, aujourd'hui âgés de 4 et 6 ans. Il ne les a plus revus depuis.

Des associations locales estiment que les enlèvements parentaux concernent 150.000 enfants chaque année dans l'archipel.

L'action de M. Fichot a attiré l'attention de nombreux médias internationaux et aussi de certains médias japonais. Des parlementaires nippons, y compris du Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice) au pouvoir, lui ont également rendu visite.

Des dizaines de personnes viennent quotidiennement le soutenir: amis, membres de la communauté française expatriée et beaucoup de gens dans la même situation que lui, étrangers comme japonais, hommes et femmes.

M. Fichot est devenu un "porte-parole" pour beaucoup de Japonais dans la même situation que lui. Mais le fait que M. Macron ne soit pas venu le voir est "une grosse déception", a estimé François Roussel, conseiller des Français de l'étranger élu au Japon interrogé par l'AFP.

Cela aurait permis de "mobiliser l'opinion publique japonaise sur ce sujet", selon M. Roussel.

- "Orphelins de la France" -

L'avocate de la mère de ses enfants n'a pas souhaité réagir auprès de l'AFP, se contentant de dénoncer des articles de presse "partiaux".

Selon le Français, son épouse aurait allégué des violences conjugales devant les juges, mais se serait ensuite "rétractée". Aucun jugement dans leur affaire ne fait référence à de quelconques violences de sa part.

Une information judiciaire pour soustraction de mineurs visant son épouse a été ouverte en France fin 2020 et M. Fichot fait partie d'un groupe de dix parents de quatre pays différents ayant porté plainte contre le Japon auprès du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies en 2019.

Mais d'ici "2-3 mois", la justice japonaise prononcera son divorce et à partir de là, il n'aura "plus aucun lien juridique" avec son garçon et sa fille, explique M. Fichot.

"Je tenais vraiment à maintenir ce lien pour donner à la France un moyen de négocier un retour de mes enfants (...) et là, la France vient de gaspiller la dernière cartouche."

"C'est comme si mes enfants étaient déchus de leur nationalité. Ce sont des orphelins de la France."

"On est très inquiets" pour M. Fichot, a confié M. Roussel. "Nous aimerions maintenant le convaincre d'arrêter, mais ce n'est pas facile (...), c'est un homme déterminé."

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