Accusé de corruption, un ministre pakistanais en congé médical illimité

Accusé de corruption, un ministre pakistanais en congé médical illimité

Le ministre pakistanais des Finances, Ishaq Dar, en mai 2017 à Islamabad.

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AFP, publié le jeudi 23 novembre 2017 à 13h42

Le ministre pakistanais des Finances Ishaq Dar, impliqué dans un scandale de corruption qui a récemment conduit à la destitution du Premier ministre Nawaz Sharif, a pris un congé d'une durée illimitée pour raisons médicales, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.  

M. Dar est mis en cause dans le scandale dit des Panama Papers. Tout comme l'ancien chef du gouvernement, il est accusé d'avoir un niveau de vie bien supérieur à ses rentrées financières officielles.

Un cadre du ministère des Finances a confirmé jeudi à l'AFP qu'Ishaq Dar avait demandé et s'était vu accorder un congé. 

Des médias pakistanais assurent qu'il souffre de problèmes cardiaques. Des photos le montrant allongé, les yeux fermés, sous perfusion, sur un lit d'hôpital ont été diffusées en novembre par des journaux et chaînes de télévision, qui affirmaient qu'il était traité au Royaume-Uni.

"Il n'a pas démissionné et personne d'autre n'a été nommé ministre des Finances", a expliqué le cadre de cette administration, qui a requis l'anonymat.

La Cour suprême avait mis fin prématurément en juillet au troisième mandat de M. Sharif à la tête du gouvernement du Pakistan, après des révélations sur de luxueux biens immobiliers détenus par sa famille via des holdings offshore. La presse s'était notamment émue de son style de vie dispendieux et du portefeuille de propriétés appartenant à sa famille à Londres.

Ces scandales à répétition affaiblissent le parti au pouvoir (PML-N), à un moment où des élections législatives se profilent en 2018. D'autant que la Cour suprême a rouvert une affaire vieille de 17 ans, dans laquelle Ishaq Dar admettait avoir blanchi de l'argent pour Nawaz Sharif. M. Dar a ensuite affirmé avoir témoigné sous contrainte.

Les congés accordés au ministre des Finances, bien que légaux, procèdent d'une "recette pour sauver la face" conçue au plus haut niveau, a commenté à l'AFP l'analyste Hasan Askari, estimant que les accusations de corruption auraient été suffisantes pour justifier son renvoi.

Le gouvernement pakistanais s'est félicité mercredi d'une croissance du PIB de 5,3% sur le dernier exercice budgétaire, un record ces dix dernières années, ajoutant être en mesure de dépasser les 6% de croissance sur l'année à venir.

La croissance se poursuit au Pakistan, a récemment convenu la Banque mondiale dans un rapport. Mais ce pays reste vulnérable économiquement, notamment du fait de sa balance commerciale très largement déficitaire.

 
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