Accord à Paris pour des élections en Libye

Accord à Paris pour des élections en Libye
Le maréchal Khalifa Haftar, au centre du groupe, s'est mis d'accord ce mardi à Paris avec les trois autres responsables libyens sur l'organisation d'élections.

leparisien.fr, publié le mardi 29 mai 2018 à 20h38

Les quatre principaux protagonistes de la crise libyenne se sont engagés, ce mardi, à Paris à organiser des élections le 10 décembre pour sortir leur pays du chaos

Une simple déclaration, lue à l'issue de la réunion internationale convoquée à Paris, sous l'égide de l'ONU, par le président Macron : « Nous nous sommes engagés à œuvrer de manière constructive avec les Nations Unies pour organiser des élections dignes de foi et pacifiques et à respecter les résultats des élections lorsqu'elles auront lieu. »

Mardi, les quatre principaux responsables libyens - le Premier ministre Fayed al-Sarraj, qui dirige la partie occidentale de la Libye, le maréchal Khalifa Haftar (homme fort de l'est du pays), le président de la chambre des Représentants, Aguila Salah, et celui du Conseil d'État, Khaled al-Mechri, ont fait le service minimum.

Ils se sont engagés - oralement et non par écrit comme cela était prévu - à organiser des élections législatives et présidentielle le 10 décembre, mais cet accord a été accueilli dans un scepticisme général. D'autant qu'une précédente réunion, également mise en scène avec roulement de tambours à Paris en juillet 2017, n'avait pas produit les résultats annoncés.

Pas moins de 500 personnes à convaincre

« Pendant ce temps-là, les groupes armés commettent des abus sans aucune crainte d'être poursuivis, tandis que conflits armés prolongés et divisions politiques ont décimé l'économie et provoqué une crise des droits humains et une crise humanitaire », commente l'ONG Human Rights Watch.

Les forces de sécurité libyennes, appuyées par l'ONU, seront chargées de « garantir le processus électoral ». Mais une organisation aussi complexe dans un pays déchiré par sept ans de guerre civile depuis la chute de l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi relèverait de l'exploit. Les milices et groupes djihadistes liés à Daech tiennent encore souvent le terrain et perturberont sans doute violemment la campagne.

Chacun des deux camps doit convaincre une myriade de sous-groupes et de clans tribaux. « Pour mettre tout le monde autour de la table, il faut réunir pas moins de cinq cents responsables », indique l'un des acteurs libyens engagé dans le processus de réconciliation nationale. Quant aux centaines de milliers de migrants condamnés à stationner de gré ou de force en Libye en attendant un éventuel passage en Europe, leur sort est loin d'être réglé.

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