A Ottawa, Pompeo dénonce la détention "inacceptable" de deux Canadiens par la Chine

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La ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland et son homologue américain Mike Pompeo lors d'une conférence de presse, le 22 août 2019 à Ottawa, au Canada
La ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland et son homologue américain Mike Pompeo lors d'une conférence de presse, le 22 août 2019 à Ottawa, au Canada
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© AFP, Sebastien ST-JEAN

AFP, publié le jeudi 22 août 2019 à 22h33

Les Etats-Unis appuient le Canada dans ses efforts pour mettre fin à la détention "inacceptable" de deux Canadiens  emprisonnés en Chine à la suite de l'arrestation d'une dirigeante de Huawei à Vancouver, a assuré jeudi à Ottawa le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. 

Lors d'une conférence de presse avec son homologue canadienne Chrystia Freeland, le secrétaire d'Etat a réaffirmé que son pays oeuvrait en coulisses pour la libération de l'ex-diplomate canadien Michael Kovrig et son compatriote consultant Michael Spavor, arrêtés par la Chine pour espionnage.

"Les Etats-Unis soutiennent le Canada face à la détention arbitraire et inacceptable de citoyens canadiens par la Chine", a-t-il déclaré.

"La Chine doit honorer les engagements qu'elle a pris envers le monde et c'est ce que nous attendons d'elle", avait indiqué plus tôt M. Pompeo au Premier ministre canadien Justin Trudeau. "Nous y travaillons avec diligence".

Il s'est également montré reconnaissant auprès de Mme Freeland de l'arrestation à Vancouver début décembre d'une dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des Etats-Unis, qui réclament son extradition. 

Cette arrestation a déclenché une crise diplomatique sans précédent entre Ottawa et Pékin.

Mais "la détention arbitraire de deux citoyens canadiens en Chine est une question fondamentalement différente de la décision du Canada d'utiliser le droit" pour examiner la demande d'extradition de la dirigeante de Huawei vers les Etats-Unis, a-t-il précisé.

"L'extradition est une question de justice pénale, ce n'est pas une question politique. Le cas de Mme Meng est actuellement devant les tribunaux canadiens, comme il se doit", a abondé Chrystia Freeland. 

M. Pompeo a nié la possibilité que Meng Wanzhou soit utilisée comme "monnaie d'échange" dans le conflit commercial qui oppose Washington à Pékin.

Après l'éclatement de cette affaire fin 2018, le président américain Donald Trump avait laissé entendre qu'il serait prêt à intervenir dans l'affaire Meng Wanzhou pour faciliter les négociations sur un accord commercial avec Pékin.

"Il s'agit d'une procédure légale du département de la Justice des Etats-Unis visant une personne sur laquelle nous pensons avoir suffisamment d'informations pour la ramener aux Etats-Unis dans le cadre de l'accord entre les Etats-Unis et le Canada", a souligné M. Pompeo.

Le secrétaire d'Etat s'est rendu jeudi dans la capitale du Canada pour rencontrer M. Trudeau et son homologue canadienne afin d'aborder le G7, le commerce entre les deux pays, et les relations avec la Chine. 

Il a également rencontré des entrepreneurs canadiens, dont le plus gros exportateur de colza du pays, Richardson International, qui a vu ses cargaisons expédiées vers la Chine bloquées à la frontière, officiellement en raison de la présence de "nuisibles" dans les grains.

Justin Trudeau avait prévenu mercredi que le Canada ne "cèdera(it) pas" face à la Chine, et appelé une nouvelle fois les autorités chinoises à la retenue face aux manifestants à Hong Kong, alors même que Pékin a sommé Ottawa d'arrêter de "s'immiscer" dans les affaires internes chinoises.

Pékin a rapidement répliqué au Premier ministre canadien, blâmant Ottawa pour la dégradation des relations sino-canadiennes.

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