A Miami Beach, les autorités serrent la vis après le déferlement de fêtards

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Des gens dansent sur Ocean Drive à Miami Beach le 17 mars 2021
Des gens dansent sur Ocean Drive à Miami Beach le 17 mars 2021
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© AFP, CHANDAN KHANNA

publié le lundi 22 mars 2021 à 21h14

Les autorités de Miami Beach, en Floride, veulent sévir après l'afflux de fêtards célébrant ce qu'ils considèrent comme la fin de la pandémie de Covid-19 aux Etats-Unis, après des jours de nouba pendant lesquels un millier de personnes ont été interpellées.

Mais des leaders communautaires interrogent les méthodes des forces de l'ordre, et se demandent si la police ne fait pas montre d'un biais dans sa manière de gérer une foule en majorité noire.

Depuis plusieurs jours, des photos et des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des touristes bouteille à la main, dansant dans les rues sans aucune distanciation physique, ainsi que des querelles, des tirs en l'air et des escarmouches avec la police.

Dimanche, les autorités municipales ont autorisé l'administrateur par intérim de la ville, Raúl Aguila, à prolonger l'état d'urgence jusqu'à la mi-avril, soit la fin des vacances de printemps qui voient tous les ans déferler des milliers d'étudiants sur cette petite île barrière faisant face à Miami - les fameux "spring breakers".

"L'administrateur a l'autorité de prolonger l'état d'urgence, si nécessaire, jusqu'au 13 avril", a dit à l'AFP lundi une porte-parole de la ville.

Un couvre-feu a été imposé samedi dans les rues les plus touristiques de South Beach, l'épicentre de la fête à Miami Beach, et les trois ponts liant l'île à Miami ont été fermés de 22H00 à 06H00.

Ces mesures, en vigueur du jeudi au lundi, ne sont pas faciles à appliquer. Samedi et dimanche soir, des images ont circulé montrant des dizaines de voitures de police tentant de disperser les foules, parfois avec du gaz au poivre.

"La ville de Miami Beach a le droit d'attendre des visiteurs qu'ils se comportent de manière respectueuse, et souvent, lorsque les vacanciers du printemps arrivent, qu'ils soient noirs, blancs ou autre, il y a une espèce d'anarchie", dit à l'AFP Retha Boone-Fye, du comité consultatif sur les affaires noires du comté de Miami-Dade County.

"Là où nous ne sommes plus d'accord, c'est (concernant) la manière dont les visiteurs noirs sont traités", ajoute-t-elle.

"Sans excuser le comportement" des vacanciers, poursuit-elle, "je ne suis pas sûre que cela serait arrivé si cette foule avait été majoritairement blanche".

Car on parle beaucoup moins par exemple de Fort Lauderdale, à une cinquantaine de kilomètres au nord, où les touristes sont majoritairement blancs. Or là aussi plages et rues sont bondées, et au moins une personne a été blessée dans une fusillade.

- "Défi" -

Le chef de la police de Miami Beach, Richard Clements, reconnaît la difficulté de la situation, avec des vacanciers qui testent "les limites".

"C'est un défi", a-t-il dit à chaîne locale 10. "Un mélange entre le Covid et aussi, principalement, ce à quoi nous devons faire face en tant que policiers, le contrecoup de l'été dernier et l'affaire George Floyd", a-t-il ajouté, en référence aux manifestations massives dans tout le pays qui ont suivi la mort, sous le genou d'un policier blanc, de ce quadragénaire noir fin mai.

Chaque année à Miami Beach, les foules sont problématiques mais cette saison semble l'être encore plus que d'habitude, ce que le maire de la ville, Dan Gelber, explique par le fait que les touristes fuient des lieux beaucoup plus restrictifs.

"Il y a très peu d'endroits ouverts ailleurs dans le pays, ou il y fait trop froid", a-t-il dit samedi.

"Ce ne sont pas les vacanciers auxquels nous sommes habitués", a souligné de son côté M. Aguila.

Depuis le 3 février, 80 armes ont été confisquées et un millier de personnes interpellées, dont 350 pour délit grave, selon la ville.

Les autorités sanitaires fédérales se sont dites alarmées lundi d'un relâchement des Américains face au Covid-19, au lendemain d'un record de voyageurs dans les aéroports depuis un an aux Etats-Unis.

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