A Los Angeles, peur et panique chez les immigrés latinos

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Une mère et ses garçons dans le quartier de Westlake à Los Angeles le 19 juin 2018
Une mère et ses garçons dans le quartier de Westlake à Los Angeles le 19 juin 2018
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© AFP, Frederic J. BROWN

AFP, publié le mercredi 20 juin 2018 à 23h45

Maçons, cuisiniers, serveurs ou militants... Des immigrés latino-américains à Los Angeles se disent horrifiés par la politique migratoire de l'administration Trump, qui a provoqué panique et paranoïa en séparant des enfants de leurs parents sans-papiers à la frontière.

Si le président Donald Trump a annoncé mercredi la fin de ces séparations qui ont choqué dans le monde entier, la peur reste de mise.

"Plutôt mourir que d'être séparée de mes enfants", dit Luisa, 35 ans, une Guatémaltèque qui a demandé à être identifiée par un pseudonyme parce qu'elle est sans-papiers même si elle vit aux Etats-Unis depuis 18 ans.

"Le jour où on m'enlève mes enfants, on me tue", ajoute cette mère de famille qui travaille comme femme de ménage.

Nombreux sont ceux qui, à MacArthur Park/Westlake, un quartier de Los Angeles où vivent surtout des Guatémaltèques et des Salvadoriens, ont peur de parler.

Et beaucoup disent leur écoeurement après avoir vu les images d'enfants séparés de leur famille à la frontière avec le Mexique.

Andrea a 32 ans, trois enfants et en attend un quatrième. Elle a quitté le Guatemala pour les Etats-Unis il y a 13 ans.

"On vient ici pour fuir la violence. On fuit les flammes et on nous jette dans le feu", assure-t-elle.

"Je ne veux pas retourner au Guatemala", ajoute-t-elle. "Je viens d'un village situé près du volcan qui est récemment entré en éruption et c'est le dernier endroit auquel je voudrais retourner".

- Panique -

Tommy Trinidad, qui travaille dans un cabinet d'avocats représentant des migrants, dit que le durcissement de la politique migratoire a semé la panique dans la communauté latino.

"Même à nous ils ne parlent pas parce qu'ils ont peur", dit-il à l'AFP.

M. Trinidad explique que son cabinet fait face à une résistance grandissante de la part des autorités depuis quelques mois.

La police de l'immigration "nous ment tout le temps", affirme-t-il. "Ils ne respectent pas les droits des détenus, ils prétendent qu'ils n'ont pas rempli les formulaires adéquats, ils organisent des audiences de déportation à cinq heures du matin quand on ne peut pas être là, et ainsi de suite".

"Nous avons peur de prendre de nouveaux cas parce que nous savons que la loi n'est pas respectée", poursuit-il.

Pour certains, comme José, qui vient du Mexique et travaille dans le bâtiment depuis 20 ans, le scandale autour de la séparation des familles a représenté un tournant. José dit qu'il l'a conforté dans sa décision de rentrer chez lui.

"Aucun de nous n'est prêt ou ne veut rentrer chez lui mais nous n'avons pas d'autre choix", lâche-t-il.

Une fois parti, envisagerait-il de revenir plus tard aux Etats-Unis? José secoue la tête.

"Ma femme et moi sommes de Mexico, nous avons de la famille là-bas et ici, ce n'est plus chez nous", dit-il. "Ça ne changera pas jusqu'au départ de Trump".

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