A Lesbos, les migrants vulnérables confrontés à la misère et au froid

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Une famille se réchauffe à un feu dans le bidonville entourant le camp de réfugiés de Moria, sur l'île de Lesbos (Grèce), le 30 novembre 2019
Une famille se réchauffe à un feu dans le bidonville entourant le camp de réfugiés de Moria, sur l'île de Lesbos (Grèce), le 30 novembre 2019
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© AFP, ARIS MESSINIS

, publié le lundi 02 décembre 2019 à 23h38

Au milieu des immondices aux abords du camp de Moria, un réfugié et son fils ramassent du petit bois dans une poussette canne, pour tenter de résister aux premiers froids frappant l'île grecque de Lesbos.

A la nuit tombée, les hommes bâtissent un nouvel abri de fortune sur un champ d'oliviers transformé en bidonville, qui jouxte les baraquements surpeuplés du camp de Moria. 

S'éclairant à la lampe torche, des femmes cuisinent sur le feu. Le linge des enfants sèche au milieu des toiles tendues et des cabanes branlantes. Une fillette pleure doucement à l'intérieur d'une tente.

Avec le début de l'hiver, "la situation est vraiment très mauvaise, il fait froid (...) il pleut partout. Les tentes n'y résistent pas, rien ne résiste à la pluie", témoigne Sleem, un demandeur d'asile de 22 ans. 

"Ils ne nous traitent pas comme des êtres humains ici", déplore cet Irakien auprès d'un vidéaste de l'AFP.

Battue par les vents et les pluies, la colline d'oliviers est débordée par les arrivées des dernières semaines. Pour le seul mois de novembre, près de 3.900 demandeurs d'asile ont débarqué sur l'île égéenne de Lesbos, à proximité de la Turquie. 

- Enfants errant dans la boue -

Les tentes tremblent sous les rafales de vent, les ordures s'accumulent, les enfants errent et jouent dans la boue. 

Plus de 18.000 demandeurs d'asile s'entassent dans le centre de réception et d'identification de Moria, prévu pour 3.000 personnes.

Parmi eux, au moins 1.200 mineurs non accompagnés vivent dans des conditions "extrêmement préoccupantes et inadaptées" aux enfants, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).

A Lesbos, comme sur les autres îles égéennes frappées par la nouvelle crise migratoire, "les enfants se trouvent dans une situation d'urgence (...) qui doit être prise à bras le corps", a déclaré le chef du HCR Filippo Grandi, appelant la Grèce et l'Europe à "agir rapidement" pour trouver "une solution collective".

Médecins sans frontières et d'autres ONG ont demandé "l'évacuation d'urgence" des enfants et autres migrants vulnérables survivant dans ces camps dans des conditions "inhumaines" et "misérables".

Le gouvernement grec a annoncé la fermeture prochaine des trois camps les plus surpeuplés et les plus insalubres, sur les îles de Lesbos, Samos et Chios, et leur remplacement par des structures fermées. 

Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a également promis de transférer d'ici la fin de l'année 22.000 demandeurs d'asile des îles égéennes vers le continent, dont quelque 4.000 mineurs.

A Moria, les femmes s'embrassent au moment du départ vers le continent. Un enfant épuisé somnole sur les bagages. Ici, les demandeurs d'asile survivent dans l'attente d'être transférés, espérant enfin vivre dans de meilleures conditions.

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